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23 décembre 2014

Jean d'Ormesson : «Nous sommes en guerre»

PhiGéo

La sagesse de Jean d'Ormesson n'est certes pas spectaculaire mais mérite notre attention, surtout sur un sujet aussi grave que celui de la guerre menée par Daech (appellé aussi État islamique). Il décrit cette nouvelle sorte de guerre dans laquelle il croit que nous sommes plongée :
"Nous sommes en guerre. Une guerre qui n'ose pas dire son nom, nouvelle, étrange et obscure. Sans déclaration, sans armées en mouvement, sans champ de bataille, sans offensive de masse, sans raids d'aviation sur les grandes métropoles. Avec un nombre restreint de morts qui tombent un peu partout et presque au hasard dans des conditions dramatiques. Une guerre très loin de la guerre des étoiles et des visions d'avenir chères aux auteurs de science-fiction. Une sorte de guerre au rabais, une guerre d'otages et de guets-apens."
Jean d'Ormesson - Photo J. Bouchon / Le Figaro
Plus loin, il poursuit en décrivant ceux qui la font et pourquoi il ne la font pas pour de bonnes raisons :
"Ceux qui tombent ont changé, ceux qui tuent aussi. Ce ne sont plus des ennemis identifiés et répertoriés, groupés en corps d'armée, en divisions, en régiments et se battant en uniforme. Ce sont des illuminés, des fanatiques et des repris de justice, auxquels se joignent un certain nombre de déséquilibrés. C'est un mélange de religieux extrémistes et de hors-la-loi. Pour les désespérés, pour les candidats au suicide, le djihad est une raison de vivre et une raison de mourir. Ils ont un drapeau, une organisation, des chefs - résumés en un mot qui fait peur et horreur: Daech. Daech est une organisation terroriste et criminelle qui se réclame de l'islam. C'est là qu'il ne faut pas se tromper.J'ai toujours pensé et écrit - on me l'a assez reproché - que l'islam était une grande religion qui a marqué l'histoire des hommes. La civilisation musulmane est à l'origine de quelques-unes des plus belles réalisations du génie humain. Daech déshonore cette grandeur de l'islam."
Terroriser n'est effectivement pas digne de la grandeur d'une civilisation comme celle de l'islam. Il est tellement facile d'utiliser la religion pour justifier n'importe quelle type de violence, y compris celle qui sert à perpétrer les crimes les plus banals comme le vol et le pillage.

18 octobre 2014

Témoignage d'un djihadiste prêt à attaquer la France

PhiGéo

Le site du journal Libération publie le récit de l'engagement d'un djihadiste prêt à s'en prendre à n'importe quel pays membre de l'OTAN. D'abord motivé par le désir ce combattre Israël en appuyant le gouvernement Syrien, puis - converti au jihad - par celui de devenir kamikaze , le Khalil est maintenant en Turquie et conteste l'autorité d'Al Quaida et se tourne vers l'État islamique, du moins refuse la "combat des musulmans contre les musulmans". Voici le début du récit :

"Abou Khalil, un Syrien de 24 ans, est membre d’Al-Qaeda. Il en est «fier» ; il ne regrette ni ne renie rien. Il appartient au groupe «Khorassan», considéré par les services de renseignements américains comme le plus dangereux, le plus susceptible d’attaquer l’Occident sur son sol. «Oui, bien sûr que je pourrais participer à un attentat aux Etats-Unis, en France ou dans n’importe quel pays membre de l’Otan. Ce serait une juste revanche face à vos bombardements en Afghanistan et maintenant en Syrie. Il faut simplement que ce soit une opération d’envergure, qu’elle intervienne au bon moment et que la riposte contre le monde musulman soit anticipée», affirme-t-il. Il estime aussi que c’est «normal d’égorger les chiites, un par un, jusqu’au dernier», comme s’il s’agissait d’une évidence. Son jihad n’a pas de frontières et s’étend à tous les pays musulmans, qu’il veut transformer en autant d’«émirats» où un islamisme absolu régnerait."

Il n'est pas question pour Abou Khalil de retourner à la "vie merdique" qu'il avait avant le djihad. Il est trop heureux de sa vie de "guerrier". Il n'est pas question dans le texte de Libération des revenus du djihadiste, de ce qui permet à ce "soldat" de vivre et même de prendre des vacances régulièrement ! Le récit révèle les luttes intestines qui mine le djihadisme et l'attrait du djihad pour un jeune comme Khalil.

11 octobre 2014

Pourquoi la Turquie rechigne à entrer en guerre contre l’Etat islamique

PhiGéo

Un article du magazine Slate discute des raisons de l'inaction de la Turquie dans la "guerre" contre le groupe "État islamique" menée par les États-Unis.

Recep Erdogan, président de la Turquie (Wikipedia)

L'auteure du texte, Ariane Bonzon, identifie deux avantages à ne pas bouger pour la Turquie :

"L'organisation de l’Etat islamique a deux gros avantages aux yeux d’Ankara: c’est une force qui  s’oppose à Bachar el-Assad –dont la chute est une priorité pour le gouvernement turc– et elle cible les Kurdes syriens du Parti de l’union démocratique (PYD), dont Ankara veut, autre priorité, stopper la marche vers l’autonomie de crainte que celle-ci serve de base arrière aux Kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, en guerre contre le pouvoir turc depuis 1984)."

L'ancien président, Abdullah Gül, aurait carrément été laxiste en laissant passer par les frontières de son pays un grand nombre de militants djihadistes. Le nouveau président, Recep Erdogan, aurait de son côté une attitude moins complaisante en ce qui concerne l'accès aux frontières, mais tout de même un point-de-vue comparable à celle de son prédécesseur pour ce qui concerne le rôle de l'EI en général.

Pourquoi la Turquie rechigne à entrer en guerre contre l’Etat islamique | Slate.fr:

31 août 2014

Al-Baghdadi impose sa loi

PhiGéo

Rue89 publie un bon compte rendu de la situation actuelle du chef Abou Bakr al-Baghdadi. On peut y lire comment un ancien général de police sous la dictature de Saddam Hussein a remplacé al Zarquaoui après 2006.

AFP - al-Baghdadi
"Baghdadi commande d’une main de fer quelque dix mille combattants, dont des milliers d’étrangers. Les vétérans de son organisation ont été aguerris par une décennie d’insurrection en Irak, puis en Syrie. A titre de comparaison, Ben Laden et Zawahiri n’ont disposé que de mille à deux mille fidèles, durant les trois années de l’âge d’or d’Al-Qaeda, de 1998 à 2001, dans l’Afghanistan taliban. Baghdadi a pour priorité immédiate de semer la terreur lors des prochaines élections en Irak, à la fin de ce mois. Mais il reviendra vite sur le terrain syrien, voie d’accès privilégié, via la Turquie, au jihad global, alors que l’Afghanistan de Ben Laden était de fait enclavé. Le compte à rebours a sans doute déjà commencé au sein de l’EIIL pour la préparation d’attentats majeurs sur le continent européen."

Le site Vice News a de plus publié des vidéos sur la radicalisation que l'organisation impose aux populations qu'elle contrôle. L'embrigadement est pour le moins spectaculaire.

http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/22/letat-islamique-vu-vice-commentaire-dun-reportage-inedit-254339

Al-Baghdadi, l’émir djihadiste dont la tête est mise à prix | Rock the Casbah | Rue89 Les blogs:

7 juillet 2014

Les bombes miniatures d’Al-Qaida


PhiGéo
Triste  Il est maintenant possible de miniaturiser suffisamment les bombes pour les loger dans les compartiments des batteries des appareils électroniques portables comme les ordinateurs, les tablettes ou les téléphones. Il faudra donc vérifier ce type d’appareil dans les aéroports !

Boing 947 1968

Nouveau délais probable pour les voyageurs déjà embêtés par les fouilles et autres contrôles de sécurité qui encombrent les déplacements en avion.

Al-Qaida désormais capable de faire des bombes de la taille d'une batterie de portable

31 mai 2014

Syrie : un attentat-suicide commis par un Américain

PhiGéo



Le journal Le Parisien rapporte qu'un autre ressortissant américain engagé dans le jihad se manifeste, cette fois en Syrie au côté d'Al Quaida. Il était, semble-t-il, heureux que son tour vienne de rejoindre le ciel doré des martyres. Il avait environ 20 ans.

Ils sont apparemment près d'une centaine comme lui à combattre en Syrie. Il est impressionnant de voir les vidéos tournées en l'honneur des martyres. Dans le cas d'auteurs d'attentat, on peut souvent voir des scènes montrant la préparation et l'explosion elle-même. Lorsque le moudjahidin est mort au combat, la vidéo montre des images du "soldat" vivant et mort et chante ses louanges. Dans une vidéo on peut voir le "sacrifié" montant dans son camion après une accolade avec l'un de ses compagnons et partir. On voit ensuite le camion se dirigeant vers un édifice, puis l'explosion du camion et de l'édifice. La caméra montre longuement l'épaisse colonne de fumée qui monte au ciel ... avec le moudjahidin.

Il y a une véritable mystique de ces martyres et un rituel accompagné de chants qui les glorifient une fois qu'ils ont accomplis leurs missions sur terre.

Un exemple particulièrement frappant montre les derniers instants d'un combattant. Il se trouve à l'adresse suivante :

http://www.youtube.com/watch?v=daayayVpL_g

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14 septembre 2013

Marge de manoeuvre du chel d'al-Quaïda

PhiGéo

On entend parler de temps en temps d'Ayman al-Zawahiri. Chose certaine, le chef d'al-Quaïda demeure actif. Il vient de suggérer aux terroristes de s'en prendre aux États-Unies par de petites attaques afin de maintenir la pression sur les dépenses de sécurité. Si le message est authentique, et il n'y a pas vraiment de raison de croire qu'il ne l'est pas, il est habile. Il n'y a plus d'organisation bien structurée capable de mener d'attaques de grandes envergures, il est donc plus sage de recommander de louvoyer.

Le plus curieux, c'est en réalité qu'al-Zawahiri soit encore "dans la nature". Il est certes plus prudent , plus féroce et et surtout plus pugnace que son prédécesseur, mais il vit tout de même en "cavale" et figure sur la courte liste des terroristes les plus recherchés depuis une quinzaine d'années. Il va bien finir par être pris, c'est une éventualité que les stratèges d'al-Quaïda doivent envisager. Le mieux pour lui serait peut-être d'orchestrer sa rédition afin de pouvoir obtenir un procès et donc une couverture médiatique mondiale. Cette tribune mondiale ne durerait peut-être pas bien longtemps, mais elle premettrait à l'un des représentants les plus éminent du djihadisme de parler à visage découvert. Pendant ce temps, un remplaçant pourrait être trouvé pour prendre la tête d'al-Qaïda. Cette solution doit être envisagé, car le jour approche sûrement où al-Zawahiri sera cerné par les services de sécurité occidentaux. Ce jour-là, le chef d'al-Quaïda n'aura plus beaucoup, voire pas du tout, de marge de manoeuvre.

Al Qaïda renouvelle ses menaces envers les Etats-Unis | euronews, monde

5 juin 2013

L'armée malienne prend Anefis au MNLA, dernier village avant Kidal

Avec cette prise, les soldats maliens (ici à Tombouctou en février 2013) s'ouvrent la voie vers Kidal.
Photo - AFP / FRED DUFOUR
PhiGéo  

RFI rapporte que les troupes maliennes ont pris le village d'Anefis au nord du Mali. Cette action de l'armée malienne survient à quelques jours du début de négociations entre les autorités de Bamako et les groupes du nord. Le village d'Anefis est situé dans l'axe menant à Kidal, cité stratégique pour le Mouvement national de libération de l'Azawad. Ce mouvement est le plus important des "groupes du nord" qui vont bientôt négocier avec "Bamako". L'imprécision du langage correspond ici à la difficulté de bien circonscrire - surtout du point de vue occidentale - des partis bien définis. Des forces s'affrontent, certes, mais elles ne sont pas constituées de la même manière qu'en France ou au Canada. Il n'y a pas de système d'adhésion informatisé avec suivi du membership, ni de grandes conventions dans des Centres des congrès luxueux au centre-ville de la capitale. Les mouvances sont plus fluides mais néanmoins très bien connues pour ceux qui s'affrontent. La tension doit être extrême en ce moment parmi les soldats maliens qui sont au nord, surtout si l'on se souvient de ce qui est survenu au départ des troubles qui secouent le Mali depuis deux ans.  RFI a raison de conclure : "les prochaines heures seront cruciales."
L'armée malienne prend Anefis au MNLA, dernier village avant Kidal - Mali - RFI:

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2 mai 2013

Les djihadistes syriens font allégeance à al-Qaida

PhiGéo

Les djihadistes syriens décident d'afficher publiquement leur convergence de vue idéologique avec Al-Qaïda et font allégeance à son chef Ayman al-Zawahiri.

" «Nous, le Front al-Nosra, prêtons allégeance à Cheikh Ayman al-Zawahiri», a déclaré son chef, Abou Mohammed al-Joulani, dans un message audio diffusé mercredi sur les forums djihadistes. "

Ceux qui auraient pu voir dans le mouvement de rébellion en Syrie une simple réaction à l'oppression - bien réelle - du régime, doivent maintenant se rendre à l'évidence : la pomme cachait le vers ! Ce qui était évident est désormais, pour ainsi dire, officiel.

Les djihadistes syriens font allégeance à al-Qaida

2 février 2013

Ethnic Tensions Arise in Timbuktu After Islamists Leave

PhiGéo

Le New York Times fait état de vengeances à caractère ethnique à Tombouctou depuis que les troupes maliennes et françaises ont repris la ville des mains des islamistes. C’est la couleur de la peau qui est le principal facteur discriminant d’après ce qui est rapporté par le journal; le second être Arabe, le troisième être islamiste.

Voici un exemple qui résume la situation :
Carte New York Times

"Zahby Ould Ibrahim’s general store was looted to the studs this week. The horde that descended upon it took not just the shop’s stock of pots, pans and bedding but the electric sockets, the light bulbs and the doorframe, too. A few shops away, Mahamane Dguitteye’s grocery store, its shelves lined with packets of spaghetti, bottles of olive oil and bars of soap, was completely untouched. The main difference between the men? Mr. Ibrahim is an Arab. Mr. Dguitteye is a black African of the Songhai ethnic group. “They bypassed my shop because I am not an Islamist, I am not an Arab, I am not light skinned,” Mr. Dguitteye said. “So they let me be.”"

Le gouvernement français presse le président Traoré d'entamer au plus vite des négociations sur l'autonomie de l'Azawad avec les roupes de combattants touarègues qui ne sont pas islamistes afin de calmer le jeu. Mais, sur le terrain, il ne semble pas que la situation soit sur le point de changer rapidement.

"The Malian Army has been accused of executing suspected militants, and has faced accusations of torture and other mistreatment. Three men suspected of being Islamist militants who were arrested near the town of Léré told The Associated Press that they had been subjected to a form of waterboarding. “To force me to talk they poured 40 liters of water in my mouth and over my nostrils, which made it so that I could not breathe anymore,” one of the men, who gave his name as Ali Guindo, told The A.P. “For a moment I thought I was even going to die.” In Timbuktu, residents said it would take a long time for the old ways of coexistence to return. "

L'intervention française au Mali sera-t-elle seulement à l'origine d'un nettoyage ethnique, ou bien conduira-t-elle à la reconstitution de l'État malien et à un véritable accord entre le gouvernement et les Touarègues sur l'autonomie de l'Azawad ? La réponse à cette question est pour le moment très incertaine. Les chances sont minces compte-tenu des rancunes et de la complexité de la situation. Un espoir est toutefois possible puisqu'il pourrait être avantageux pour les deux parties (le gouvernement et les Touarègues) de s'entendre sur un compromis qui, d'une part, déchargerait le premier de responsabilités qu'il peine à exercer et, d'autre part, donnerait les coudées franches aux seconds à la fois affranchi de l'État central malien et des islamistes d'AQMI.

Ethnic Tensions Arise in Timbuktu After Islamists Leave - NYTimes.com

27 janvier 2013

Mali journalists despair over 'invisible war'

Un militaire bloque l'accès au Nord du Mali - AFP /  Al Jazeera
PhiGéo

Le site anglophone de la chaîne Al Jazeera se plaint du contrôle de l'information par l'armée française au Mali. Al Jazeera parle d'une guerre invisible et laisse plus ou moins entendre qu'il pourrait y avoir de la part des militaires français et maliens des mauvais traitements de prisonniers, voire pires, compte tenu de la difficulté pour les journalistes de se rendre dans les zones de combats et de témoigner du déroulement de la guerre.

"There are no official death tolls either for civilians or soldiers. No-one interviewed by Al Jazeera could say where prisoners of war were being held or how they were being treated.

The International Committee of the Red Cross, the international humanitarian organisation that often has access to prisoners, was similarly unable to comment to media about any prisoners or detention facilities it may have visited.

Julie Remy, from the medical humanitarian organisation Doctors Without Borders (MSF by its French acronym), told Al Jazeera that she did not know where those injured by the fighting were receiving treatment.

While local partners working with MSF had treated 30 people in Timbuktu, no-one injured in the fighting in Gao or the nearby town of Ansongo had come to their facilities for treatment during the fighting there, she said.

"I don’t know what that means in terms of where they are going for treatment," she said.

A source who had visited the hospital in Gao since the fighting began said he had seen dozens of bodies of rebel fighters killed."


L'ensemble de l'article semble insinué que des abus pourraient être commis à l'abri des regards indiscrets et que le black-out actuel est non seulement louche et injustifié mais dangereux. Il ressort aussi clairement de l'article que l'avenir pourrait révéler des abus, lorsque les troupes françaises seront parties. Le texte ne manque pas, enfin, de rappeler la présence coloniale de la France dans cette région du monde. On y trouve donc, sans surprise, un parallèle facile entre ce passé coloniale, la guerre actuelle et les intentions supposées de la France pour le Mali.

26 janvier 2013

L'armée française se rapproche de Gao au Mali

PhiGéo

D'après Le Figaro, les soldats français se rapprochent de la ville de Gao, un des château-fort d'Aqmi au nord du Mali. Les frappes aériennes des Mirages et des Rafales ont continuées sans interruptions depuis deux semaines ainsi que la progression au sol vers le nord. La reconquête semble donc aller bon train. 

Si les choses se présente bien en ce moment. Il ne faut peut-être pas crier victoire trop vite. Les djihadistes peuvent opérer un repli stratégique et miser sur le temps. Ils ne sont peut-être pas en position d'affronter les troupes françaises maintenant, mais ils peuvent certainement attendre leur départ pour relancer leur action. Ce serait là une approche conforme à leur approche partout dans le monde. Le djihad est une guerre sur la longue durée.

Le Figaro - International : Au Mali, l'armée française se rapproche de Gao:

16 janvier 2013

L'aviation française bombarde, les islamistes opèrent un "repli stratégique"

 
PhiGéo

Après quatre jours d'offensive par l'aviation française et l'arrivée de 750 militaires sur le terrain au Mali. Les islamistes opèrent un repli stratégique afin de mieux se préparer à faire face aux soldats de la CÉDÉAO (les troupes des pays africains) qui vont arrivés incessamment en renfort.

La situation pourrait se transformer rapidement en "guerilla" et les attentats terroristes devenir la manière privilégiée de combattre pour les islamistes du Mali.

""Les jihadistes comptent sur une guerre de longue haleine. Ils sont à l'aise dans cette situation: le grand désert, les reliefs difficiles, une situation sécuritaire précaire", [d'après] Alaya Allani, universitaire tunisien, spécialiste des mouvements islamistes. Selon lui, "ils feront un repli tactique pour reprendre leur souffle, mais ni l'armée malienne ni les Français ne peuvent les anéantir". "L'occupation des grandes villes (du nord du Mali) par les islamistes est terminée, mais à court terme" seulement, estime pour sa part l'expert malien Moussa Tounkara. "Il faut s'attendre à des attentats pour marquer les esprits", dit-il."

Pour le moment, les troupes françaises continuent de frapper la ville de Diabali où les djiadistes avaient fait une percée avant-hier.

Mali : L'aviation française bombarde, les islamistes opèrent un "repli stratégique" | À La Une | L'Orient-Le Jour

14 janvier 2013

French Jets Strike Deep Inside Islamist-Held Mali

PhiGéo

Dans ce texte du New York Times la genèse de l'intervention française au Mali est présentée à partir de la formation de troupes d'élites de l'armée malienne par les Américains. Troupes d'élites qui se sont ralliées en bonne partie aux islamistes d'Ansar Dine et qui ont provoqué l'affaiblissement du pouvoir malien et, par voie de conséquence, sa chute. Le chef des putchistes, le capitaine Sanogo, est d'ailleurs lui aussi un bénéficiaire de la formation américaine.

"Over the last four years, the United States has spent between $520 million and $600 million in a sweeping effort to combat Islamist militancy in the region without fighting the kind of wars it has waged in the Middle East. The program stretched from Morocco to Nigeria, and American officials heralded the Malian military as an exemplary partner. American Special Forces trained its troops in marksmanship, border patrol, ambush drills and other counterterrorism skills.
But all that deliberate planning collapsed swiftly when heavily armed, battle-hardened Islamist fighters returned from combat in Libya. They teamed up with jihadists like Ansar Dine, routed poorly equipped Malian forces and demoralized them so thoroughly that it set off a mutiny against the government in the capital, Bamako. [...]  The virtual collapse of the Malian military, including units trained by United States Special Forces, followed by a coup led by an American-trained officer, Capt. Amadou Sanogo, astounded and embarrassed top American military commanders.
“I was sorely disappointed that a military with whom we had a training relationship participated in the military overthrow of an elected government,” Gen. Carter F. Ham, the head of the Africa Command, said in a speech at Brown University last month . “There is no way to characterize that other than wholly unacceptable.”

L'Amérique favorable a une intervention n'avait plus les moyens de le faire, occupée qu'elle est sur plusieurs fronts. C'est donc la France qui s'est engagée. Il faut dire que ce pays compte plusieurs ressortissants au Mali. L'issue risque toutefois d'être, selon les auteurs de l'article, une guerilla avec les islamistes :

"With thousands of French citizens in Mali, its former colony, France decided it could not wait any longer, striking the militants at the front line and deep within their haven.
Some experts said that the foreign troops might easily retake the large towns in northern Mali, but that Islamist fighters have forced children to fight for them, a deterrent for any invading force, and would likely use bloody insurgency tactics.
“They have been preparing these towns to be a death trap,” said Rudy Atallah, the former director of African counterterrorism policy for the Pentagon. “If an intervention force goes in there, the militants will turn it into an insurgency war.”"

French Jets Strike Deep Inside Islamist-Held Mali - NYTimes.com

13 janvier 2013

France Rafale jets target Gao in eastern Mali

Mirage - Photo www.3.bp.blogspot.com
PhiGéo

L'aviation française poursuit ses opérations au Mali, où elle fait face à une opposition sérieuse des troupes islamistes. Ces dernières sont bien équipées et bien entraînées. D'après le texte de la BBC (lien en bas de page), il y a eu au moins un mort - un pilote d'hélicoptère - côté français et dix côté islamiste. Plusieurs otages français sont aux mains des islamistes et des menaces pèsent sur la France suites à son intervention éclair au Mali.

"France's decision to intervene took many by surprise. A UN-backed international force had not been expected to deploy in the west African state until the autumn.

But last week, the Islamist fighters pushed further south, seizing the strategically important town of Konna. The town has since been recaptured by Malian troops.

An unnamed Elysee Palace official quoted by AFP said on Sunday that French armed forces had been surprised by the fighting quality of the Islamist militants they were up against."


BBC News - France Rafale jets target Gao in eastern Mali:

30 novembre 2012

Syria’s Muslim Brotherhood looking to return from exile

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Retour des Frères musulmans en Syrie : confirmation de l'emprise islamiste sur l'insurecction dans ce pays ? Question qui mérite d'être posée lorsque l'on considère la succession des événement dans ce pays depuis quelques mois. Il est, en effet, de plus en plus évident que la guerre civile en Syrie n'implique pas seulement un dictateur et son régime d'un côté et son peuple opprimé qui se révolterait pour ainsi dire spontanément après des années de souffrance de l'autre.

La situation est plus nuancées, voici un extrait de l'article publié par Research Feature de  l'Uninerstité de Cambrigde au sujet de l'implication des Frères musulmans en particulier :

“The Syrian Brothers are obsessed with history and, in the past, they struck a deal with an extremist organisation called the Fighting Vanguard to join forces temporarily and topple the regime, but this actually created the right pretext for the regime to crackdown very harshly on the whole Islamic movement. It’s a mistake the Syrian Brotherhood is not ready to make again and that’s why they are not prepared to finance the most extremist Islamist groups of a jihadist bent.”
Lefevre says that the Muslim Brotherhood has been trying to galvanise support from a broad audience since just before 9/11 by conveying a sense of moderation and a message of appeasement. Although there are ideological links between the Brotherhood across the Middle East region, he believes the Syrian movement is primarily a nationalist one and one that is rooted in the democratic system."

Syria’s Muslim Brotherhood looking to return from exile - Research - University of Cambridge

4 novembre 2012

Mali : le dialogue avant les armes

- Mali : le dialogue avant les armes
Iyad Ag Ghaly - Photo MSN
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Des négociations sont en cours par l'entremise de l'Algérie principalement, et du Burkina Faso, en vue de trouver une entente aux tensions graves qui secouent le Mali. Le but principal de ces négociations est d'empêcher la partition du pays entre le nord et le sud.

Depuis le coup d'État de 2011, le pays est de fait scindé en deux parties. La situation semble être, en gros, la suivante : une bonne partie du nord du Mali est contrôlé par Ansar Dine, un groupe dont l'idéologie est islamiste et qui est composé essentiellement de Touaregs. Le sud est demeuré sous le contrôle de la capitale Bamako; une capitale dont le pouvoir est toutefois très affaiblie.

Il n'y a pas vraiment de gouvernement au Mali en ce moment. Il y a plutôt un état de transition entre l'ancien ordre établi et une recomposition dont on ne sait pas exactement à quoi elle aboutira. Le pays risque d'être aux prises encore longtemps avec des conflits religieux puisque Ansar Dine applique déjà dans sa zone d'influence la charia.

Les prochaines semaines sont donc importantes et les négociations actuelles représentent certainement une chance de stabilisation pour le pays. En tous cas, le chef d'Ansar Dine semble d'accord pour le dialogue :

"À près d'un mois de l'échéance du dépôt au Conseil de sécurité d'un plan d'intervention militaire de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) au Mali, Ansar Dine, un des groupes islamistes armés du nord du Mali, entame des négociations avec l'Algérie et le Burkina Faso. Deux délégations ont été dépêchées par le groupe. L'une à Ouagadougou pour rencontrer le président Blaise Compaoré et l'autre à Alger.
« Nous sommes pour la paix, et pour la paix, il faut le dialogue », a déclaré un proche d'Iyad Ag Ghaly, le chef du groupe."

- Mali : le dialogue avant les armes

2 octobre 2012

Bashar al-Assad 'betrayed Col Gaddafi to save his Syrian regime

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Un article du Daily Telegraph revient sur les circonstances qui auraient menées à l'assassinat par un agent secret français de M. Kadhafi en octobre 2011. Il est permis de douter de cette thèse même si elle n'est pas invraisemblable.

Bashar al-Assad 'betrayed Col Gaddafi to save his Syrian regime' - Telegraph:

12 juillet 2012

Le Sénégal, une cible potentielle pour les islamistes du nord du Mali ?

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Ce qui arrive au Mali : prise de contrôle progressif par Ansar Dine du pays  (le nord est déjà conquis, reste le sud), ne peut que nous amener à nous demander quelles seront les conséquences pour le Sénégal.

L'article de Issa Ndiaye répond partiellement à cette question.

Le Sénégal, une cible potentielle pour les islamistes du nord du Mali ?
Image PressAfrik


Après avoir noté les déclarations des islamistes maliens selon lesquelles la charia devrait s'appliquer partout dans le monde, Ndiaye ajoute :

"Les autorités sénégalaises comprennent visiblement cela. « Aucun pays africain ne peut à lui seul faire face au terrorisme », a récemment déclaré le président de la République, Macky Sall lors d’un séjour en France. C’est pourquoi les autorités sénégalaises se sont jointes à la mobilisation ouest africaine pour libérer le nord du Mali. Les forces de sécurité du pays sont également sur le qui-vive. Cela s’illustre par l’interpellation puis la libération, il y a quelques jours de cela à Dagana de personnes suspectées d’appartenir à des réseaux islamistes."

Au-delà des assauts terroristes, la culture politique sénégalaise - l'un des plus démocratique de la région - pourra-t-elle résister aux sirènes de l'idéologie islamiste ?

Le Sénégal, une cible potentielle pour les islamistes du nord du Mali ?

20 février 2012

A victory, but at what price?

Bio Image - LIEUTENANT-GENERAL BOUCHARD J.J.C. , CMM, CD
Lieutenant-général Bouchard
PhiGéo

David Publiese signe un excellent article dans le Ottawa Citizen sur le coût politique de la victoire canadienne en Libye célébrer par ailleurs en grande pompe en novembre dernier à Ottawa. C'est à cette occasion que le lieutenant-général Bouchard a reçu la Croix du service méritoire (division militaire) pour ses services exceptionnels comme commandant de la Force opérationnelle interarmées multinationale qui a soutenue la rébellion en Libye.

La démolition du régime de Mouamar Kadhafi (sur qui personne ne pleure en tant que dictateur vaincu) a eu, en effet, d'après Publiese, des conséquences importantes dont il faut tenir compte dans l'évaluation de la participation canadienne à la guerre de libération libyenne.

Ces conséquences sont:

1) D'abord la dissémination d'armes aux groupes terroristes comme Al-Quaïda au Maghreb islamique. Ce groupe salafiste terrorise le Nord de l'Afrique depuis plusieurs années. Il a plusieurs enlèvements à son actif. AQMI a reçu la sanction d'Ousama Ben Laden il y a quelques années et bien que le mouvement origine de l'Algérie il opère au Sénégal, au Mali, au Niger et en Mauritanie. (Plus d'une centaine de soldats maliens ont, par exemple, été massacrés dans le Nord du Mali avec des armes d'origines libyenne il y a environ deux semaines).

2) Ensuite le retour de nombreux travailleurs étrangers dans leurs pays d'origines, ce qui a pour conséquence de gonfler les rangs des chômeurs dans de nombreux pays d'Afrique, dont le Mali par exemple.

3) Finalement, l'instauration du règne de la terreur en Libye où les nouveaux maîtres ne respectent aucunement les principes démocratiques, en général, et les droits de l'Homme, en particulier, et se livrent à toutes sortes d'abus, y compris la torture. Voici comment l'auteur présente les choses à ce sujet :

"Equally troubling for countries that supported the rebels was the ongoing widespread detention of individuals and the use of torture in the new Libya. 
An estimated 8,500 men, women and children are still being held in detention centres run by various militias. Navi Pillay, the United Nations high commissioner for human rights, reported that the detainees were being tortured and that both male and female prisoners were being raped.
In January, Médecins sans Frontières pulled its medical staff from detention facilities in Misrata after they determined more than 100 people had been tortured. The group's doctors were being asked to keep prisoners alive so they could be tortured again.
Around the same time, Amnesty International reported that up to a dozen people had been tortured to death by Libya's new National Military Security agency.
In early February came the news that Libya's former ambassador to France, Omar Brebesh, had been killed shortly after being arrested by a militia group. According to the autopsy, he died after suffering "multiple bodily injuries and fractured ribs."
Such cases prompted Canada's Foreign Affairs Department to deliver a diplomatic note rebuking Libya for allowing such activities to take place.
But Libyan officials dismissed allegations of torture as unfounded. The head of Misrata's military council, Ibrahim Beitelmal, instead claimed that human rights organizations such as Amnesty International and Médecins sans Frontières were part of "Gadhafi's fifth column.""

L'un des facteurs qui expliquent les dérapages en Libye seraient la perte de contrôle par le Conseil national de transition (CNT) qui assurait la jonction entre les pays occidentaux et les rebelles pendant la guerre contre le régime de Kadhafi. Le CNT n'aurait maintenant plus beaucoup d'influence. Ce serait plutôt les milices (souvent islamistes) qui détiendrait le pouvoir réel sur le terrain, et en abuserait.

Le bilan de la victoire canadienne en Libye est donc, pour le moins, nuancé.

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