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23 décembre 2014

Jean d'Ormesson : «Nous sommes en guerre»

PhiGéo

La sagesse de Jean d'Ormesson n'est certes pas spectaculaire mais mérite notre attention, surtout sur un sujet aussi grave que celui de la guerre menée par Daech (appellé aussi État islamique). Il décrit cette nouvelle sorte de guerre dans laquelle il croit que nous sommes plongée :
"Nous sommes en guerre. Une guerre qui n'ose pas dire son nom, nouvelle, étrange et obscure. Sans déclaration, sans armées en mouvement, sans champ de bataille, sans offensive de masse, sans raids d'aviation sur les grandes métropoles. Avec un nombre restreint de morts qui tombent un peu partout et presque au hasard dans des conditions dramatiques. Une guerre très loin de la guerre des étoiles et des visions d'avenir chères aux auteurs de science-fiction. Une sorte de guerre au rabais, une guerre d'otages et de guets-apens."
Jean d'Ormesson - Photo J. Bouchon / Le Figaro
Plus loin, il poursuit en décrivant ceux qui la font et pourquoi il ne la font pas pour de bonnes raisons :
"Ceux qui tombent ont changé, ceux qui tuent aussi. Ce ne sont plus des ennemis identifiés et répertoriés, groupés en corps d'armée, en divisions, en régiments et se battant en uniforme. Ce sont des illuminés, des fanatiques et des repris de justice, auxquels se joignent un certain nombre de déséquilibrés. C'est un mélange de religieux extrémistes et de hors-la-loi. Pour les désespérés, pour les candidats au suicide, le djihad est une raison de vivre et une raison de mourir. Ils ont un drapeau, une organisation, des chefs - résumés en un mot qui fait peur et horreur: Daech. Daech est une organisation terroriste et criminelle qui se réclame de l'islam. C'est là qu'il ne faut pas se tromper.J'ai toujours pensé et écrit - on me l'a assez reproché - que l'islam était une grande religion qui a marqué l'histoire des hommes. La civilisation musulmane est à l'origine de quelques-unes des plus belles réalisations du génie humain. Daech déshonore cette grandeur de l'islam."
Terroriser n'est effectivement pas digne de la grandeur d'une civilisation comme celle de l'islam. Il est tellement facile d'utiliser la religion pour justifier n'importe quelle type de violence, y compris celle qui sert à perpétrer les crimes les plus banals comme le vol et le pillage.

18 octobre 2014

Témoignage d'un djihadiste prêt à attaquer la France

PhiGéo

Le site du journal Libération publie le récit de l'engagement d'un djihadiste prêt à s'en prendre à n'importe quel pays membre de l'OTAN. D'abord motivé par le désir ce combattre Israël en appuyant le gouvernement Syrien, puis - converti au jihad - par celui de devenir kamikaze , le Khalil est maintenant en Turquie et conteste l'autorité d'Al Quaida et se tourne vers l'État islamique, du moins refuse la "combat des musulmans contre les musulmans". Voici le début du récit :

"Abou Khalil, un Syrien de 24 ans, est membre d’Al-Qaeda. Il en est «fier» ; il ne regrette ni ne renie rien. Il appartient au groupe «Khorassan», considéré par les services de renseignements américains comme le plus dangereux, le plus susceptible d’attaquer l’Occident sur son sol. «Oui, bien sûr que je pourrais participer à un attentat aux Etats-Unis, en France ou dans n’importe quel pays membre de l’Otan. Ce serait une juste revanche face à vos bombardements en Afghanistan et maintenant en Syrie. Il faut simplement que ce soit une opération d’envergure, qu’elle intervienne au bon moment et que la riposte contre le monde musulman soit anticipée», affirme-t-il. Il estime aussi que c’est «normal d’égorger les chiites, un par un, jusqu’au dernier», comme s’il s’agissait d’une évidence. Son jihad n’a pas de frontières et s’étend à tous les pays musulmans, qu’il veut transformer en autant d’«émirats» où un islamisme absolu régnerait."

Il n'est pas question pour Abou Khalil de retourner à la "vie merdique" qu'il avait avant le djihad. Il est trop heureux de sa vie de "guerrier". Il n'est pas question dans le texte de Libération des revenus du djihadiste, de ce qui permet à ce "soldat" de vivre et même de prendre des vacances régulièrement ! Le récit révèle les luttes intestines qui mine le djihadisme et l'attrait du djihad pour un jeune comme Khalil.

5 octobre 2014

Irak, qu’est-ce qu’un califat ?

PhiGéo

Le site du journal La Croix publie les propos de Gabriel Marinez-Gros sur le sens du terme "califat". L'expression remonte aux origine l'Islam et désigne les premiers successeurs de Mahomet. "Pourtant, dès le IXe siècle, sunnites et chiites se divisent sur l’étendue de ses pouvoirs : pour les premiers, le calife est un simple exécutant de la loi définie par le Coran et le Prophète, pour les seconds (qui l’appellent « imam »), lui seul peut interpréter le texte et en donner le véritable sens."

L' institution demeure dominante jusqu'au XIe siècle et liée aux proches du clan de Mahomet. « Mais à partir du XIe siècle, changement fondamental, le pouvoir passe aux mains de ces derniers, qui laissent le califat – réduit à une fonction religieuse – aux Arabes, mais exercent la réalité du pouvoir par l’intermédiaire des “sultans” », explique Gabriel Martinez-Gros.

L'institution a été aboli en 1924 par Mustafa Kemal. Les radicaux du djihad tentent aujourd'hui de rétablir l'institution et, en même temps, la pureté de l'Islam des origines.

9 juillet 2014

Le gouvernement français «anti-djihad»



PhiGéo

Sournois  La France renforce les mesures contre la radicalisation individuelle djihadiste. Une série de méthodes anti-terroristes seront dorénavant disponibles pour traquer les individus “auto-radicalisés”. Le gouvernement vise surtout à mettre un frein au transit des djihadistes français vers la Syrie par crainte des conséquences sur la France lors de leur retour. Il s’agit de les repérer sur le sol français, de les suivre à la trace et de les empêcher de quitter le territoire français pour aller rejoindre le djihad en Syrie.

“Les «techniques spéciales d'enquête», jusqu'alors réservées au terrorisme et à la criminalité organisée, seront étendues à l'apologie et l'incitation du terrorisme sur Internet. Dans un futur proche, les échanges des «cyberdjihadistes» pourront être interceptés. Des balises géolocalisées seront le cas échéant posées sous leurs véhicules pour pister leur déplacement et, grâce à des logiciels espions de type «keylogger», les agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) pourront lire en parallèle et enregistrer, de façon indétectable, ce que frappent les illuminés sur leurs claviers. Enfin, un volet du projet de loi Cazeneuve s'adresse aussi aux opérateurs, qui devront surveiller et procéder au blocage administratif des sites les plus venimeux, comme cela se pratique pour la pédo-pornographie. «Il s'agit d'interdire l'accès aux vidéos d'exécutions et aux modes d'emploi du parfait petit djihadiste, résume un cadre de l'antiterrorisme. En revanche, nous laisserons les gens échanger sur certains forums de discussion, où l'on glane toujours des informations très intéressantes.» Quand une «cible» sera repérée, les policiers auront pour la première fois la possibilité de procéder depuis leur commissariat ou leur brigade de gendarmerie à des perquisitions dans des «clouds», ces espaces de stockage des données personnelles des internautes.”

Ces méthodes intrusives ne permettront pas d’enrayer le terrorisme, mais elles le rendront peut-être un peu plus difficile. Du moins, on peut penser que les individus qui se radicalisent seront repérer plus rapidement et mieux “encadrer”. Par contre, il est certain que la liberté individuelle des internautes sera réduite par cette nouvelle approche.

Robespierre
Il sera même possible d’incriminer un individu pour simple consultation de sites :

“En écho à l'appel de plusieurs experts, dont le magistrat antiterroriste Marc Trévidic, le texte prévoit de créer la nouvelle qualification d'«entreprise individuelle terroriste» afin de mettre en cause tout islamiste auto-radicalisé, dès lors qu'il achètera une arme, ou du matériel entrant dans la confection d'un engin explosif artisanal. La simple consultation habituelle de sites diffusant des messages de haine et des appels au djihad suffira à l'incriminer, sans qu'il soit forcément en lien avec des organisations terroristes connues des services.”

Beauvau muscle son plan de riposte «anti-djihad»

7 juillet 2014

La classe politique minée par les divisions en Iraq


PhiGéo

Alors qu’un nouveau calife fait surface dans la région, les hommes politiques iraquiens n’arrivent pas à s’entendre pour élire un président au Parlement en Iraq. Voici un extrait d'une dépêche du Journal de Québec à ce sujet :
L'annonce surprise de l'établissement du califat par ces jihadistes, accusés des pires atrocités, a suscité plus d'indignation que de ralliement parmi les groupes islamistes, qui aspirent pourtant à l'édification d'un État fondé sur la charia. Mais il risque d'agir comme un aimant pour les plus fanatiques. Pour autant, la classe politique irakienne semble incapable de prendre la mesure du danger et de mettre de côté les divergences et les ambitions personnelles. Le 1er juillet, la séance inaugurale du Parlement issu du Vdu 30 avril, s'était révélée désastreuse, les députés s'invectivant ou quittant la salle.
ISIL-FIGHTERS
Combattants de l'État islamique de l'Iraq et du Levant au début de 2014 - AFP

Platon enseigne dans la Réplubique que l’anarchie engendre la dictature, c’est bien ce qui semble se passer en Iraq. La population pourrait préférer la "protection" du "calife" à l'anarchie que le gouvernement actuel est incapable de surmonter. Les troupes américaines ont fait tombés Saddam Hussein, mais elles n’ont pas réussies à le remplacer par une Assemblée suffisamment forte pour instaurer un état de droit et diriger le pays.  Le résultat net de l'intervention de l'Occident en Iraq semble donc tourner de plus en plus en faveur des djihadistes. Ce sont eux, en effet, qui pourraient sortir gagnants du conflit s'ils réussissaient à reconstituer un État islamique comparable à celui qu'était l'Afghanistan avant la chute des Talibans. Un État où serait appliquée intégralement la loi islamique.

Le «calife» réclame allégeance, la classe politique minée par ses divisions | Ir

8 juin 2014

Pakistan : des tireurs ouvrent le feu à l'aéroport de Karachi

PhiGéo

Radio-Canada rapporte un attentat à l'aéroport de Karachi au Pakistan qui aurait fait 5 morts, dont trois membres du service de sécurité.
Ce sont les terroristes islamistes qui sont soupçonnés de cette action même si aucune revendication n'a été enregistrée.

'via Blog this'

14 septembre 2013

Marge de manoeuvre du chel d'al-Quaïda

PhiGéo

On entend parler de temps en temps d'Ayman al-Zawahiri. Chose certaine, le chef d'al-Quaïda demeure actif. Il vient de suggérer aux terroristes de s'en prendre aux États-Unies par de petites attaques afin de maintenir la pression sur les dépenses de sécurité. Si le message est authentique, et il n'y a pas vraiment de raison de croire qu'il ne l'est pas, il est habile. Il n'y a plus d'organisation bien structurée capable de mener d'attaques de grandes envergures, il est donc plus sage de recommander de louvoyer.

Le plus curieux, c'est en réalité qu'al-Zawahiri soit encore "dans la nature". Il est certes plus prudent , plus féroce et et surtout plus pugnace que son prédécesseur, mais il vit tout de même en "cavale" et figure sur la courte liste des terroristes les plus recherchés depuis une quinzaine d'années. Il va bien finir par être pris, c'est une éventualité que les stratèges d'al-Quaïda doivent envisager. Le mieux pour lui serait peut-être d'orchestrer sa rédition afin de pouvoir obtenir un procès et donc une couverture médiatique mondiale. Cette tribune mondiale ne durerait peut-être pas bien longtemps, mais elle premettrait à l'un des représentants les plus éminent du djihadisme de parler à visage découvert. Pendant ce temps, un remplaçant pourrait être trouvé pour prendre la tête d'al-Qaïda. Cette solution doit être envisagé, car le jour approche sûrement où al-Zawahiri sera cerné par les services de sécurité occidentaux. Ce jour-là, le chef d'al-Quaïda n'aura plus beaucoup, voire pas du tout, de marge de manoeuvre.

Al Qaïda renouvelle ses menaces envers les Etats-Unis | euronews, monde

3 février 2013

L'Iran dévoile un nouvel avion de combat

PhiGéo

Le gouvernement iranien a dévoilé un nouvel avion de combat. Cette nouvelle arme renforcerait le dispositif de dissuasion sur lequel est fondé la politique de défense de l'Iran. Du moins, c'est le sens du discours officel du président Mahmoud Ahmadinejad lors du lancement et rapporté par l'Express.

Qaher 313 (Conquérant 313) - Photo AFP
On trouvera un ablum photos du lancement à cette adresse :
http://www.mehrnews.com/en/newsdetail.aspx?NewsID=1806008

L'avion a, semble-t-il, été construit entièrement en Iran et son design serait également le fruit du génie iranien.

L'Iran dévoile un nouvel avion de combat présenté comme ultra-moderne - LExpress.fr

2 février 2013

Ethnic Tensions Arise in Timbuktu After Islamists Leave

PhiGéo

Le New York Times fait état de vengeances à caractère ethnique à Tombouctou depuis que les troupes maliennes et françaises ont repris la ville des mains des islamistes. C’est la couleur de la peau qui est le principal facteur discriminant d’après ce qui est rapporté par le journal; le second être Arabe, le troisième être islamiste.

Voici un exemple qui résume la situation :
Carte New York Times

"Zahby Ould Ibrahim’s general store was looted to the studs this week. The horde that descended upon it took not just the shop’s stock of pots, pans and bedding but the electric sockets, the light bulbs and the doorframe, too. A few shops away, Mahamane Dguitteye’s grocery store, its shelves lined with packets of spaghetti, bottles of olive oil and bars of soap, was completely untouched. The main difference between the men? Mr. Ibrahim is an Arab. Mr. Dguitteye is a black African of the Songhai ethnic group. “They bypassed my shop because I am not an Islamist, I am not an Arab, I am not light skinned,” Mr. Dguitteye said. “So they let me be.”"

Le gouvernement français presse le président Traoré d'entamer au plus vite des négociations sur l'autonomie de l'Azawad avec les roupes de combattants touarègues qui ne sont pas islamistes afin de calmer le jeu. Mais, sur le terrain, il ne semble pas que la situation soit sur le point de changer rapidement.

"The Malian Army has been accused of executing suspected militants, and has faced accusations of torture and other mistreatment. Three men suspected of being Islamist militants who were arrested near the town of Léré told The Associated Press that they had been subjected to a form of waterboarding. “To force me to talk they poured 40 liters of water in my mouth and over my nostrils, which made it so that I could not breathe anymore,” one of the men, who gave his name as Ali Guindo, told The A.P. “For a moment I thought I was even going to die.” In Timbuktu, residents said it would take a long time for the old ways of coexistence to return. "

L'intervention française au Mali sera-t-elle seulement à l'origine d'un nettoyage ethnique, ou bien conduira-t-elle à la reconstitution de l'État malien et à un véritable accord entre le gouvernement et les Touarègues sur l'autonomie de l'Azawad ? La réponse à cette question est pour le moment très incertaine. Les chances sont minces compte-tenu des rancunes et de la complexité de la situation. Un espoir est toutefois possible puisqu'il pourrait être avantageux pour les deux parties (le gouvernement et les Touarègues) de s'entendre sur un compromis qui, d'une part, déchargerait le premier de responsabilités qu'il peine à exercer et, d'autre part, donnerait les coudées franches aux seconds à la fois affranchi de l'État central malien et des islamistes d'AQMI.

Ethnic Tensions Arise in Timbuktu After Islamists Leave - NYTimes.com

27 janvier 2013

Mali journalists despair over 'invisible war'

Un militaire bloque l'accès au Nord du Mali - AFP /  Al Jazeera
PhiGéo

Le site anglophone de la chaîne Al Jazeera se plaint du contrôle de l'information par l'armée française au Mali. Al Jazeera parle d'une guerre invisible et laisse plus ou moins entendre qu'il pourrait y avoir de la part des militaires français et maliens des mauvais traitements de prisonniers, voire pires, compte tenu de la difficulté pour les journalistes de se rendre dans les zones de combats et de témoigner du déroulement de la guerre.

"There are no official death tolls either for civilians or soldiers. No-one interviewed by Al Jazeera could say where prisoners of war were being held or how they were being treated.

The International Committee of the Red Cross, the international humanitarian organisation that often has access to prisoners, was similarly unable to comment to media about any prisoners or detention facilities it may have visited.

Julie Remy, from the medical humanitarian organisation Doctors Without Borders (MSF by its French acronym), told Al Jazeera that she did not know where those injured by the fighting were receiving treatment.

While local partners working with MSF had treated 30 people in Timbuktu, no-one injured in the fighting in Gao or the nearby town of Ansongo had come to their facilities for treatment during the fighting there, she said.

"I don’t know what that means in terms of where they are going for treatment," she said.

A source who had visited the hospital in Gao since the fighting began said he had seen dozens of bodies of rebel fighters killed."


L'ensemble de l'article semble insinué que des abus pourraient être commis à l'abri des regards indiscrets et que le black-out actuel est non seulement louche et injustifié mais dangereux. Il ressort aussi clairement de l'article que l'avenir pourrait révéler des abus, lorsque les troupes françaises seront parties. Le texte ne manque pas, enfin, de rappeler la présence coloniale de la France dans cette région du monde. On y trouve donc, sans surprise, un parallèle facile entre ce passé coloniale, la guerre actuelle et les intentions supposées de la France pour le Mali.

8 octobre 2012

"Notre premier objectif, c'est l'application de la charia"

Omar Hamaha, chef militaire d'Ansar Dine, qui a pris le contrôle du nord du Mali en avril 2012.
Sanda Ould Boumana - AFP France 2

PhiGéo

Le Point a rencontré à Tombouctou le représentant d'Ansar Dine, Sanda Ould Boumana. Le journaliste David Baché a demandé à Boumana quel était l'objectif d'Ansar Dine au Mali. Le journaliste voulait savoir aussi quel était l'avis de Boumana sur les autres acteurs du conflit au Nord du Mali : gouvernement de Bamako, pays du Cédéao et pays Occidentaux.

Au sujet de l'objectif d'Ansar Dine, la réponse de Boumana est claire : il s'agit d'appliquer la charia au Nord et, si possible, au Sud du Mali. Pour ce qui concerne les deux autres sujets, Boumana soutient que ce sont les pays étrangers qui tentent de régler le problème par la voie des armes aux Mali. Il ajoute qu'Ansar Dine est prêt à discuter avec les autorités maliennes, notamment les autorités religieuses.

Voici un extrait de l'interview au sujet de l'objectif principal d'Ansar Dine et de ses revendications territoriales :

"Nous voulons l'application de la charia, c'est notre premier objectif. Par ailleurs, les populations du Nord ont toujours été tenues à l'écart du développement, sur le plan social comme sur le plan économique : nous voulons retrouver tous nos droits. [...] Dans notre conquête, nous n'avons pas dépassé les régions du Nord. Si les autres régions veulent nous rejoindre pour l'application de la charia, nous y sommes favorables : l'application de la charia est de notre responsabilité à tous, dans le Sud comme dans le Nord. Mais, en ce qui nous concerne, nos revendications s'arrêtent aux trois régions du Nord, auxquelles nous nous sommes limités depuis plusieurs mois."

Au sujet de l'interprétation de l'islam, Boumana soutient qu'Ansar Dine est également prêt à discuter:

"Nous sommes prêts à discuter. S'ils pensent que nous nous trompons, ils peuvent venir ici nous montrer ce qui ne va pas, nous sommes ouverts. Si les imams ont une autre vision qui ne correspond pas à ce qu'on dit, ils n'ont qu'à venir discuter avec nous."


Ansar Dine : "Notre premier objectif, c'est l'application de la charia" - Le Point:

12 juillet 2012

Le Sénégal, une cible potentielle pour les islamistes du nord du Mali ?

PhiGéo

Ce qui arrive au Mali : prise de contrôle progressif par Ansar Dine du pays  (le nord est déjà conquis, reste le sud), ne peut que nous amener à nous demander quelles seront les conséquences pour le Sénégal.

L'article de Issa Ndiaye répond partiellement à cette question.

Le Sénégal, une cible potentielle pour les islamistes du nord du Mali ?
Image PressAfrik


Après avoir noté les déclarations des islamistes maliens selon lesquelles la charia devrait s'appliquer partout dans le monde, Ndiaye ajoute :

"Les autorités sénégalaises comprennent visiblement cela. « Aucun pays africain ne peut à lui seul faire face au terrorisme », a récemment déclaré le président de la République, Macky Sall lors d’un séjour en France. C’est pourquoi les autorités sénégalaises se sont jointes à la mobilisation ouest africaine pour libérer le nord du Mali. Les forces de sécurité du pays sont également sur le qui-vive. Cela s’illustre par l’interpellation puis la libération, il y a quelques jours de cela à Dagana de personnes suspectées d’appartenir à des réseaux islamistes."

Au-delà des assauts terroristes, la culture politique sénégalaise - l'un des plus démocratique de la région - pourra-t-elle résister aux sirènes de l'idéologie islamiste ?

Le Sénégal, une cible potentielle pour les islamistes du nord du Mali ?

9 juillet 2012

Le Mali va se doter d'une force spéciale de 1.200 hommes pour protéger les institutions de la République

PhiGéo
Mobido Diarra - Photo PA-L'Union


Le premier ministre du gouvernement intérimaire malien, Cheick Modibo Diarra, dirigera un corps "corps d'élite indépendant de 1.200 éléments chargés d'assurer la protection des institutions de la République".

Cette décision survient deux jours après la réunion des pays de la CÉDÉAO à Ouagadougou qui recommandait la création d'une force d'intervention multinationale pour le rétablissement d'un gouvernement au MaliL

Le président intérimaire est toujours en France, ce qui laisse grande ouverte la place au premier ministre intérimaire; sans compter le chef des putschistes toujours influent et les groupes islamistes et touaregs qui font la pluie et le beau temps dans le nord du pays. Autant dire que nous encore loin du rétablissement d'un gouvernement régulier au Mali.
 
AFP: Le Mali va se doter d'une force spéciale de 1.200 hommes pour protéger la transition

5 juillet 2012

Palestinians May Exhume Arafat After Report of Poisoning


PhiGéo 

Des soupçons d'empoisonement commencent à poindre à l'horizon au sujet de la mort de Yasser Arafat. Un spécialiste suisse aurait identifié un taux anormalement élevé de polonium 210 dans les vêtements que portaient le chef palestinien peu de temps avant sa mort. Cela ne prouve pas la thèse de l'empoisonnement mais pourrait justifier une exhumation.

Il y aura certainement une "guerre" au niveau de la propagande autour de cette affaire. Il sera difficile d'arriver à une conclusion nette en faveur d'une thèse ou de l'autre, ce qui alimentera la polémique.

Palestinians May Exhume Arafat After Report of Poisoning - NYTimes.com'

20 février 2012

A victory, but at what price?

Bio Image - LIEUTENANT-GENERAL BOUCHARD J.J.C. , CMM, CD
Lieutenant-général Bouchard
PhiGéo

David Publiese signe un excellent article dans le Ottawa Citizen sur le coût politique de la victoire canadienne en Libye célébrer par ailleurs en grande pompe en novembre dernier à Ottawa. C'est à cette occasion que le lieutenant-général Bouchard a reçu la Croix du service méritoire (division militaire) pour ses services exceptionnels comme commandant de la Force opérationnelle interarmées multinationale qui a soutenue la rébellion en Libye.

La démolition du régime de Mouamar Kadhafi (sur qui personne ne pleure en tant que dictateur vaincu) a eu, en effet, d'après Publiese, des conséquences importantes dont il faut tenir compte dans l'évaluation de la participation canadienne à la guerre de libération libyenne.

Ces conséquences sont:

1) D'abord la dissémination d'armes aux groupes terroristes comme Al-Quaïda au Maghreb islamique. Ce groupe salafiste terrorise le Nord de l'Afrique depuis plusieurs années. Il a plusieurs enlèvements à son actif. AQMI a reçu la sanction d'Ousama Ben Laden il y a quelques années et bien que le mouvement origine de l'Algérie il opère au Sénégal, au Mali, au Niger et en Mauritanie. (Plus d'une centaine de soldats maliens ont, par exemple, été massacrés dans le Nord du Mali avec des armes d'origines libyenne il y a environ deux semaines).

2) Ensuite le retour de nombreux travailleurs étrangers dans leurs pays d'origines, ce qui a pour conséquence de gonfler les rangs des chômeurs dans de nombreux pays d'Afrique, dont le Mali par exemple.

3) Finalement, l'instauration du règne de la terreur en Libye où les nouveaux maîtres ne respectent aucunement les principes démocratiques, en général, et les droits de l'Homme, en particulier, et se livrent à toutes sortes d'abus, y compris la torture. Voici comment l'auteur présente les choses à ce sujet :

"Equally troubling for countries that supported the rebels was the ongoing widespread detention of individuals and the use of torture in the new Libya. 
An estimated 8,500 men, women and children are still being held in detention centres run by various militias. Navi Pillay, the United Nations high commissioner for human rights, reported that the detainees were being tortured and that both male and female prisoners were being raped.
In January, Médecins sans Frontières pulled its medical staff from detention facilities in Misrata after they determined more than 100 people had been tortured. The group's doctors were being asked to keep prisoners alive so they could be tortured again.
Around the same time, Amnesty International reported that up to a dozen people had been tortured to death by Libya's new National Military Security agency.
In early February came the news that Libya's former ambassador to France, Omar Brebesh, had been killed shortly after being arrested by a militia group. According to the autopsy, he died after suffering "multiple bodily injuries and fractured ribs."
Such cases prompted Canada's Foreign Affairs Department to deliver a diplomatic note rebuking Libya for allowing such activities to take place.
But Libyan officials dismissed allegations of torture as unfounded. The head of Misrata's military council, Ibrahim Beitelmal, instead claimed that human rights organizations such as Amnesty International and Médecins sans Frontières were part of "Gadhafi's fifth column.""

L'un des facteurs qui expliquent les dérapages en Libye seraient la perte de contrôle par le Conseil national de transition (CNT) qui assurait la jonction entre les pays occidentaux et les rebelles pendant la guerre contre le régime de Kadhafi. Le CNT n'aurait maintenant plus beaucoup d'influence. Ce serait plutôt les milices (souvent islamistes) qui détiendrait le pouvoir réel sur le terrain, et en abuserait.

Le bilan de la victoire canadienne en Libye est donc, pour le moins, nuancé.

Syria, Al Qaeda, and cognitive dissonance for fans of intervention

PhiGéo

Le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, vient, d'après le Christian Science Monitor, de lancer un appel aux musulmans afin qu'ils fassent tombés le régime de Bachar al-Assad en Syrie.

Si vous êtes un fervent opposant d'al-Assad vous avez donc comme allié le chef d'al-Qaïda. Les salafistes comme al-Zawahiri s'en prennent, en effet, depuis toujours aux régimes "laïcs" comme ceux des dictateurs comme l'était Moubarak en Égypte ou al-Assad en Syrie. C'est donc un paradoxe de voir de que le "printemps arabe" décrit par plusieurs comme une défaite des intégrismes musulmans est en train de se transformer (par exemple en Libye) en terrain de jeux pour les membres d'al-Qaïda et leurs "affiliés" comme les appellent les services de renseignements américains.

En ce qui concerne la rébellion en Syrie, il semble que certaines attaquent contre le régime soient bel et bien menées par des salafistes:

"US officials have started claiming that there is evidence of "Al Qaeda" behind some of the attacks on government forces in Syria, though what precisely they mean by "Al Qaeda" they don't say (the term seems to have become a catch-all for "Sunni jihadi"). Meanwhile, some analysts say Iran is watching all this with alarm, since Syria is something of a client regime and the loss of Assad could leave it more vulnerable to the machinations of enemies like the US and Israel."


4 février 2012

Israeli Defense minister implies a strike on Iran nuclear program is near

PhiGéo

Réunis lors d'un congrès cette semaine, le ministre de la Défens israélien et le directeur des services de renseignements militaire, Ehud Barak et Moshe Yaalon, ont tous les deux indiqués que leur pays était sur la voie d'une attaque contre l'Iran. Joshua Mitnick du Christian Science Monitor cite Ehud Barak: "Israeli Defense Minister Ehud Barak compared the current standoff with Iran to the "fateful" period before the 1967 Arab-Israeli War, when Israel launched a preemptive strike against Egypt."

Dans la suite de l'article d'autres détails sont donnés sur le climat qui règne en Israël et sur la volonté des Israéliens de ne pas laisser le régime iranien actuel se doter de missiles stratégiques.

Joshua Mitnick cite également des opposants iraniens qui tout en reconnaissant qu'il faille se préoccuper du programme nucléaire de leur pays pensent qu'une frappe militaire ne ferait que renforcer la position du gouvernement. "This will be the worst scenario. It will be a gift from God for [embattled Iranian President Mahmoud] Ahmadinejad," he says. "After a limited military attack, they can act as a victim, go around the world, and get support and legitimacy from other little countries."

6 janvier 2012

Le MUJAO (islamiste) menace la France

PhiGéo

Ould Kheirou / Photo alakhbar
Le site du Figaro rapporte que le chef du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest a menacé la France. Les menaces ont été transmises en arabe par vidéo par le Mauritanien Hamada Ould Mohamed Kheirou.

Le but recherché par le groupe serait d'imposer la charia dans l'Afrique de l'Ouest. L'influence de la France dans cette région étant un obstacle à l'atteinte de cet objectif, il est compréhensible que le groupe veuille s'en prendre à elle.

[AFP/STR] Le terroriste mauritanien Khadim Ould Semane avait tenté de contester la direction algérienne d'AQMI et de former son propre groupe dissident.
Khadime Ould Semane - Photo AFP/STR
En ce qui concerne Ould Kheirou. Il doit être pris au sérieux. C'est un proche de Khadim Ould Semane, leader d'AQMI en Mauritanie, avec qui il s'est évadé d'une prison mauritanienne en 2006.

Ould Keirou est actuellement recherché par la police mauritanienne qui a émis un mandat d'arrêt international contre lui. Il est accusé, entre autres, de financement du terrorisme et d'appui à des groupes terroristes. Les activités de financements désignent généralement l'achat et la revente de produits de consommation comme le haschich ou encore l'échange de prisonniers contre de l'argent. L'appui à des groupes terroristes désigne ici l'aide apporté à AQMI au Sahel. C'est dans ce désert que l'organisation islamiste opère depuis ses bases situés au nord du Mali.

On peut donc craindre des enlèvements de ressortissants français en Afrique de l'Ouest.

Le Figaro - Flash Actu : Le MUJAO (islamiste) menace la France:

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11 novembre 2011

Unrest in Syria Shaping a New Strategic Triangle of Hezbollah, Iran and Egypt

PhiGéo - Marc Imbeault

Dans un article de synthèse publié dans le Terrorism Monitor, Chris Zambelis chercheur chez Helios Global Inc., fait ressortir le dilemme que les évènements récents en Syrie pose au leadership du Hezbollah.

La vague de protestations qui balaie le Moyen-orient depuis quelques mois a été sommes toute bien accueillie par le Hezbollah qui reconnaît le besoin de changement. Mais, d'autre part, le régime Syrien est également reconnu comme un allié de longue date du "parti de Dieu". L'article du Terrorism Monitor cite des déclarations d'Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, tentant de ménager la chèvre et le choux. Il y est affirmé d'une part la nécessité de réformes profondes et, d'autre part, l'importance de reconnaître les services rendus par le régime de Damas dans la défense de la cause palestinienne.

Ahmedinejad, Al-Assad et Nasrallah - Photo Jamestown Foundation
L'auteur conclut toutefois en laissant entendre que le Hezbollah pourra s'adapter aux changements qui pourraient survenir. Autrement dit, semble-t-il dire, le Hezbollah ne provoquera pas le départ d'un autre dictateur mais pourra s'adapter à sa chute, fût-il un allié !

The Jamestown Foundation: Unrest in Syria Shaping a New Strategic Triangle of Hezbollah, Iran and Egypt

15 octobre 2011

Des centaines de millions de musulmans sont des extrémistes" (iREA)

PhiGéo - Marc Imbeault

Photo - Blogue de Thérèse Zrihen-Dvir
Thérèse Zrihen-Dvir signale sur son blogue la venue à Montréal le 21 octobre de conférenciers du groupe iREA. D'après le texte de madame Zrihen-Dvir ce groupe ferait la promotion de la lapidation des personnes coupables d'aldutère et serait en faveur de la peine de mort pour les homosexuels. Le plus inquiétant, d'après la blogueuse, c'est que l'iREA prétend représenter la manière de voir de la majorité des musulmans.

Des centaines de millions de musulmans sont des extr�mistes" (iREA) - THERESE ZRIHEN-DVIR, Regard d'un Ecrivain sur le Monde

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