1 juillet 2009

Le leadership éthique du contre-terrorisme

Le leadership éthique du contre-terrorisme
Fédération canadienne des sciences humaines
Université Carleton
Ottawa – Mai 2009
Marc Imbeault
Collège militaire royal de Saint-Jean
Les sociétés occidentales sont engagées depuis le début du XXIe siècle dans un nouveau type de conflit où elles affrontent des organisations et des individus qui ne reculent devant rien pour atteindre leurs fins. Est-ce que la gravité de la situation autorise les leaders occidentaux à utiliser tous les moyens y compris ceux que la morale réprouve ? Et, surtout, est-ce que le lien entre le leadership et l’éthique conserve un sens dans le contexte actuel du contre-terrorisme ? C’est à ce genre de question que ma communication voudrait apporter quelques éléments de réponse.
Cette présentation se divise en trois parties intitulées :
1) La théorie de la guerre juste et le djihad défensif.
2) La morale djihadiste dans l’Appel à la résistance islamique mondiale d’Abu Musad al Souri.
3) L’Énoncé d’éthique et l’éthos militaire canadien.
La première partie de l’exposé présente quelques principes fondamentaux de la philosophie d’inspiration chrétienne et de la philosophie d’inspiration musulmane de la guerre juste. La seconde partie met en lumière un aspect moral de la stratégie présenté récemment par l’un des penseurs les plus éminents du djihadisme et la troisième partie en approfondit le sens en le comparant avec l’éthos militaire canadien, tel qu’il ressort, notamment, de l’Énoncé d’éthique du Ministère de la Défense nationale.


1. La théorie de la guerre juste et le djihad défensif
La théorie de la guerre juste[1] d’inspiration chrétienne enseigne en substance que les guerres devraient être menées essentiellement pour des raisons défensives. Dans une certaine mesure, il en va de même dans la tradition islamique. Il est vrai que l’on trouve aussi, dans les deux traditions, que les guerres peuvent avoir une dimension explicitement religieuse. On parlera alors de guerre sainte ou de djihad. Il est également vrai que le djihad comporte deux dimensions distinctes : le « djihad défensif » et le « djihad offensif ». C’est, comme nous allons le voir, la notion de guerre défensive qui est mise de l’avant par les idéologues djihadistes.
En effet le djihad offensif ne concerne que les gouvernants, auxquels il fait obligation d’étendre l’islam à de nouveaux territoires. Le djihad défensif, au contraire, concerne la protection du territoire déjà conquis et c’est un devoir qui s’impose à tous les musulmans, en tout temps. Il s’agit, aux yeux des penseurs djihadistes, d’une sorte d’impératif catégorique auquel aucun musulman ne peut se dérober. Lorsqu’une terre musulmane est attaquée, sa défense ne concerne d’ailleurs pas uniquement les fidèles qui l’occupaient jusqu’alors mais bien tous leurs coreligionnaires. C’est, en effet, une obligation pour tous les musulmans de se porter à la défense de toute terre musulmane attaquée. L’un des chefs du djihad contre les troupes soviétiques en Afghanistan dans les années 80 résume bien la situation dans le passage suivant :
« Les spécialistes s’entendent pour dire que, quand l’ennemi entre sur une terre islamique, ou sur une terre qui a déjà été islamique dans le passé, les habitants du lieu doivent absolument se lever pour les combattre. Mais s’ils restent à l’arrière, sont incapables, peureux ou en nombre insuffisant, alors cette obligation incombe à ceux qui les entourent. Et si ceux-ci font défaut ou restent à l’arrière, l’obligation passe à ceux qui les entourent, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’obligation de combattre englobe la terre entière. »
Cheikh Abdullah Yusuf Azzam, “Join the Caravan”, The Canons of Jihad, p. 126. (La traduction est de Claire-Marie Clozel)
On voit bien dans ce passage que de proche en proche c’est toute l’oumma (l’ensemble des croyants) qui est interpellée par le devoir de défendre la terre islamique attaquée. L’appel du Cheikh Azzam est identique à celui lancé par ceux qui réclament l’aide des musulmans du monde entier pour chasser les occupants d’Irak et d’Afghanistan aujourd’hui.
La notion de guerre défensive est au centre du discours des chefs du terrorisme islamique mondial. C’est le point d’ancrage de la justification éthique de leur action. Leur guerre est juste car elle est essentiellement défensive. Elle répond à « quatre-vingt ans » (dixit Ben Laden) d’humiliations continues au Moyen-Orient. Les attentats contre l’Amérique et contre l’Occident sont donc entièrement justifiés. Dans la rhétorique de Ben Laden et de ses alliés, les quelques milliers de victimes causés par les attentats de New York, Londre et Madrid sont, en réalité, peu de chose en comparaison des millions de victimes des attaques de l’Occident contre les musulmans.
2. La morale djihadiste dans l’Appel à la résistance islamique mondiale d’Abu Musad al Souri.
L’homme connu sous le nom d’Abu Musad al Souri – de son vrai nom Mustafa bin Abd-Qadir Setmariam Nasar – est né à Alep, en Syrie, en 1958 et s’est impliqué dans le mouvement djihadiste à plusieurs niveaux : comme combattant, comme historien, comme professeur – notamment à distance – et comme stratège. Dans la mesure où il est à la fois un homme d’action et un intellectuel, il peut se comparer aux officiers de haut rang des armées occidentales. Dans la trame de ses écrits théoriques se décèle une conscience aiguë du sens de l’histoire. Il connaît sur le bout des doigts celle du djihad et il en fait voir clairement la logique et les développements, autant dans ses écrits que dans ses cours. Il éclaire toutes les erreurs faites dans le passé et suggère des moyens concrets de ne pas les répéter. Nous devons humblement reconnaître que cela est une de ses plus grandes forces. Finalement, il fait preuve d’une imagination exceptionnelle, dont il fait une arme à la fois fascinante et terrible. Il est en effet soupçonné d’avoir inspiré les responsables de l’attentat de Madrid, qui a fait presque deux cents morts, ainsi que l’assassin de Théo Van Gogh en Hollande.
Bien qu’il ne soit pas un théologien, le Syrien se réfère souvent au Coran et à l’enseignement du prophète Mahomet. Au cours des trente dernières années, il s’est complètement voué à faire triompher la religion musulmane. Et quoiqu’il soit sûr de la victoire finale, il reconnaît que les ennemis ont un avantage provisoire, causé par les fautes des moudjahidins eux-mêmes et la collaboration de certains régimes musulmans avec l’Occident.
Peu avant son arrestation au Pakistan en 2005, Abu Musad publiait sur Internet un traité de 1600 pages, intitulé Appel à la résistance islamique mondiale. Dans cet ouvrage, il présente l’histoire de la longue conquête du monde par le djihad. Mais la discussion que je voudrais ouvrir maintenant concerne exclusivement la partie de l’œuvre qui traite des dernières années.
Du point de vue d’Al Souri, ce qui caractérise cette période, c’est l’intensification de la guerre contre les musulmans, et cela un peu partout dans le monde. L’attaque du 11 septembre 2001 a été, dit-il, l’occasion de déclencher la plus grande chasse à l’homme de l’histoire. Cette opération d’envergure mondiale a réussi à détruire pratiquement toutes les têtes dirigeantes du djihad, tous les camps d’entraînement et les quartiers généraux. D’après lui toujours, le seul vrai État islamique, l’Afghanistan des talibans, est maintenant occupé et contrôlé par les États-Unis, par l’entremise d’un régime fantoche. En d’autres mots, les victimes de la violence ne sont pas les Occidentaux, mais les musulmans, ce qui les justifie de se défendre eux-mêmes quand ils ont les moyens de le faire, ce qui, selon al Souri, est rare.
En effet, le Syrien voit la situation actuelle comme désespérée. De plus, il affirme que, s’il y a bien plus d’un milliard de musulmans dans le monde, pas plus de quelques milliers sont prêts à combattre pour leur religion. Ayant reconnu ce fait, il poursuit sa démonstration en affirmant que la guerre n’est toutefois pas définitivement perdue, malgré les attaques massives de l’ennemi depuis 2001. Comme vétéran du djihad, il suggère de transmettre son manuel de combat aux nouvelles générations de moudjahidins, afin qu’ils possèdent le moyen de se reconstruire et d’échapper aux agressions de la coalition ennemie.
Voici une brève analyse des fautes qu’il propose de corriger. Abu Musad insiste sur le fait que les djihadistes auraient commis trois sortes d’erreurs :
1) dans la formation et l’idéologie ;
2) dans la structuration et l’organisation ;
3) dans les méthodes d’action et la façon dont elles furent appliquées.
Les premières erreurs ont entraîné du dogmatisme, un esprit de clocher et une ignorance qui ont affecté négativement la cause au point de la paralyser. Ce type d’erreur produit aussi une culture du secret – même si le secret est parfois nécessaire – qui a porté préjudice aux communications et au recrutement. À ces graves inconvénients, il faut ajouter le fait que de nombreux moudjahidins ne reçoivent qu’un entraînement exclusivement militaire, ce qu’al Souri considère comme un grave handicap.
Le second type d’erreurs concerne la structure pyramidale de l’organisation terroriste. Dans ce contexte, la chaîne du commandement est parfaitement claire, mais il y a une grave faiblesse du côté de la sécurité. Si un membre est arrêté, toute l’organisation est déstabilisée. Al-Souri mentionne, entre autres, l’usage de la torture et des drogues par les services secrets occidentaux et leurs alliés – en Syrie notamment – pour obtenir de l’information. Il conclut que cette organisation pyramidale ne pourra pas résister longtemps à l’offensive menée par l’Ouest depuis 2001.
Le troisième type d’erreurs concerne les méthodes d’action, qui furent marquées par l’amateurisme, l’improvisation et la démagogie.
Mais tandis qu’il analyse les erreurs commises par le mouvement djihadiste, le Syrien soulève à mainte reprise le problème de l’éthique, qui aurait été sa principale faiblesse ces dernières années :
« Les nombreux jeunes musulmans en provenance du peuple et des classes moyennes étaient pleins de zèle, de loyauté et de bons sentiments, mais ils souffraient d’un manque flagrant de connaissance et d’observance religieuses, et ignoraient les règles islamiques en matière de négociation et d’éthique. De plus, les cadres du djihad eux-mêmes souffraient de déficiences dans ces mêmes domaines. L’absence d’un programme de formation adéquat les a conduits à se montrer inflexibles et impitoyables. »
A Terrorist’s Call to Global Djihad, p. 164. (Traduction d’Yvon Paillé et de Claire-Marie Clozel)
En somme, il est inutile d’être débordant de zèle, si on est incapable de discernement – et même de pitié, quand cela est nécessaire. Il continue en ces termes :
« De même, le manque d’éthique a conduit les djihadistes à agir comme une bande de malfaiteurs, et non comme de véritables djihadistes. De plus, la plupart de ces hommes réduisaient la religion musulmane au concept de djihad et oubliaient que l’islam possède d’autres aspects. Ils ont réduit l’islam au combat, et le combat au fait de tirer, oubliant la patience, les préparatifs et la moralité nécessaires. »
Ibid. p. 164. (Traduction d’Yvon Paillé et de Claire-Marie Clozel)
Al-Souri attribue au manque de professionnalisme du mouvement le fait que 80 % de ses chefs ont été arrêtés ou tués après les attaques du 11 septembre et ajoute que l’usage de la violence est devenu une affaire de pure routine, une erreur qu’il décrit de la façon suivante :
« L’adoption d’une attitude intransigeante au cours de récents incidents au sein du jihad où l’on a eu recours à la violence et fait preuve de radicalisme jusque pour régler les questions les plus triviales. »
Ibid. p. 170. (Traduction d’Yvon Paillé et de Claire-Marie Clozel)
Abu Musad remet donc en cause la conception traditionnelle voulant que l’ennemi doive être annihilé à tout prix. Sur ce point il se démarque des autres idéologues du djihad. Il insiste aussi sur l’importance de la morale dans la formation des moudjahidins. Selon lui le recours à la violence est nécessaire, mais ne doit pas devenir une fin en soi. Ce qui la légitime, c’est le but poursuivi, à savoir la victoire finale de l’Islam dans le monde, lequel transcende son moyen, la violence, tout en le justifiant.
3. L’Énoncé d’éthique et l’éthos militaire canadien.
C’est donc, en première approximation, un certain pragmatisme qui caractérise la morale prônée par Abu Musad al Souri aussi bien que par Oussama Ben Laden. Ce pragmatisme enseigne que la fin justifie les moyens et que la violence peut être mise au service d’une cause qui la transcende. Cette cause, dans le cas du djihadisme, c’est l’avènement sur terre de la loi de Dieu, la charia, qui apportera à l’humanité sa vraie libération. En un sens, on peut dire, dans le sillage de Gilles Kepel[2], que l’Islam remplace le communisme dans le discours de la nouvelle avant-garde révolutionnaire.
À ce pragmatisme, l’Amérique de George Bush n’a pu opposer que le sien. Un pragmatisme qui a servi à justifier jusqu’à tout récemment la torture, le militarisme, le mensonge et la désinformation. Il s’agissait de justifier l’usage de tous les moyens au nom de la sécurité de l’Amérique. Dans cette perspective, le principal argument des théoriciens de la morale du contre-terrorisme se résume à ceci : poussé par l’urgence on peut exceptionnellement faire le mal. Si, par exemple, on détient un prisonnier susceptible de fournir une information importante et que le temps presse, on peut le torturer. Sur la base de ce schéma assez simpliste, s’est édifiée toute une littérature de la « bombe sur le point d’exploser ». Dans le monde abstrait des suppositions, il semble évident de justifier la torture de celui qui refuse de communiquer l’information permettant de sauver des vies humaines. Or, ces situations hypothétiques ne correspondent pas à grand chose dans la réalité. L’histoire enseigne au contraire que l’usage de la torture pour combattre le terrorisme n’est efficace qu’à grande échelle et donc sur une base quotidienne. Comme ce fut le cas lors de la bataille d’Alger en 1957[3].
Qu’en est-il du point de vue du leadership et de l’éthique militaire au Canada?
Suite au scandale de la Somalie au milieu des années 90, les Forces canadiennes ont mis en place une série de réformes importantes dans le domaine du leadership et de l’éthique militaire. La première a consisté à rendre ces deux matières indissociables. Le leadership et l’éthique doivent être considérés comme les deux vecteurs d’une même dynamique. L’exercice du leadership dans le respect de certaines valeurs est une condition d’appartenance aux Forces canadiennes.
· Quelles sont ces valeurs ?
· À quel type de leadership se rattachent-elles ?
· Comment peut-on comparer ces valeurs avec celles des djihadistes ?
Voilà les questions auxquelles nous allons tenter d’apporter quelques éléments de réponse pour conclure cet exposé.
Pour ce qui est des valeurs fondamentales des Forces canadiennes, nous nous référerons à l’Énoncé d’éthique du Ministère de la Défense nationale, lequel met de l’avant trois principes fondamentaux :
1. Respecter la dignité de toute personne
2. Servir le Canada avant soi-même
3. Obéir et appuyer l’autorité légale
Ces trois valeurs y sont complétées par six obligations : l’intégrité, la loyauté, le courage, l’honnêteté, l’équité et la responsabilité.
Cette constellation de valeurs ne laisse pas beaucoup de place au froid calcul utilitariste dont nous avons fait mention plus haut. Les cours d’éthique enseigné aux militaires canadiens contiennent des chapitres sur l’utilitarisme, mais cette école de pensée est étudié du point de vue académique et ne correspond pas à une doctrine officielle que les militaires seraient tenus d’appliquer une fois sur le terrain. L’inspiration de l’éthique militaire canadienne est plutôt kantienne et aristotélicienne. De Kant elle reprend le principe suprême énoncé comme suit dans la Métaphysique des mœurs : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen[4]. » D’Aristote, elle reprend l’idée d’une éthique des vertus quelle subordonne à celle des principes[5].
Il n’est donc pas étonnant que le volume intitulé Le leadership dans les Forces canadiennes, Fondements conceptuels[6], expose une conception du leadership basée sur des valeurs. Ce manuel se situe dans le prolongement de réflexions comme celles du major-général Penney qui a fait du leadership éthique une question de confiance au sein des Forces canadiennes. « Dans une société insistant sur la pureté et l’impeccabilité du comportement public et privé de ses chefs, l’officier supérieur qui outrepasse ses droits risque de se heurter au scepticisme, voire au cynisme, de ses subordonnés[7]. » Il est, en effet, difficile d’obtenir le respect de la troupe si les chefs ne donnent pas eux-mêmes l’exemple. Mais, ajoute le général, le plus grave survient lorsque les chefs, par leur comportement inapproprié[8], perdent la confiance de leurs subordonnés. Sur ce point la réflexion du militaire rejoint celle du philosophe – je veux parler de Kant. On se rappellera en effet la réponse de Kant à Benjamin Constant qui l’accusait de prôner un absolutisme impraticable au sujet du devoir de dire la vérité[9]. Le mensonge, avait répondu Kant, sape toujours le lien de confiance qui est à la base des sociétés, quelles que soient les circonstances.
Dans un sens analogue, le leadership d’Oussama Ben Laden repose indéniablement sur le lien de confiance qu’il a su créé en accordant ses paroles avec ses actes[10]. Quelle que soit l’opinion que l’on a sur les unes et les autres, il faut bien reconnaître qu’une analyse du contenu des discours de Ben Laden et de ses actes montre leur grande cohérence[11].
Pour terminer, ajoutons que, quelle que soit l’ampleur de leurs responsabilités dans les divers attentats terroristes des dernières années, il ne faut pas faire l’erreur de croire que Ben Laden et Al Souri ne seraient que des leaders cyniques ou des gangsters qui rechercheraient avant tout la gloire, le pouvoir ou l’argent. Ce sont, si l’on se fie à l’opinion d’un analyste aussi bien informé que Michael Scheuer, ainsi qu’à l’étude du texte d’al Souri, des soldats qui défendent une cause en laquelle ils croient et pour laquelle ils sont prêts à donner leur vie. C’est la raison pour laquelle ils sont si difficiles à vaincre.
Il existe toutefois une différence notable entre l’éthique des Forces canadiennes et celle qui a présidé à l’édiction des règles de la « guerre juste » tant dans le contexte chrétien que musulman, c’est que pour les premières tout être humain mérite d’être respecté en principe quelle que soit sa religion – ou son absence de religion – et ce, même si dans le contexte concret de la guerre ce principe peut être mis à mal. Il s’agit là de ce que l’on pourrait appeler humanisme au sens fort et respecte à la fois la première ligne de l’Énoncé d’éthique, l’essence de la philosophie kantienne et la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
Bibliographie

AL SOURI, Abou Musad, A Terrorist’s Call to Global Djihad, USNI Press, 2008.

AZZAM, Cheikh Abdullah Yusuf, “Join the Caravan”, The Canons of Jihad, USNI, 2008.

IMBEAULT, Marc, « Noble Ends », The War on Terror – Ethical Considerations, ch. 5, B. Horn et D. Lagacé-Roy, éditeurs, Presses de l’Académie canadienne de la Défense, Winnipeg, 2008, pp. 97-106.

IMBEAULT, Marc, « La morale du devoir », ch. 5, Philosophie 3, Éthique et politique, publié en collaboration aux Éditions Beauchemin, Montréal, 2008

KANT, Emmanuel, « Fondement de la métaphysique des mœurs », dans Œuvres philosophiques, tome 2, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, p. 250.

KEPEL, Gilles, Terreur et Martyre. Relever le défi de civilisation. Flammarion, Paris, 2008

PENNEY, K.G. « Une question de confiance : l’éthique et la discipline personnelle chez les généraux canadiens » dans La fonction de général et l’art de l’amirauté, ch. 9, édité par B. Horn et S.J. Harris, The Dundurn Group, Toronto, Oxford, 2002, p.163.

SCHEUER, Michael, Imperial Hubris. Why The West Is Losing The War On Terror, Washington, Brassey’s Inc., 2004.
SCHEUER, Michael, Marching Toward Hell. America and Islam after Iraq, Free Press, New York, 2008.
SCHEUER, Michael, Through Our Enemies’ Eyes. Osama bin Laden, Radical Islam, and the Future of America, revised edition, Washington, Potomac Books, 2006.


[1] On trouvera un exposé détaillé de cette théorie dans le manuel Philosophie 3, Éthique et politique, publié en collaboration aux Éditions Beauchemin, Montréal, 2008, p. 288-289.

[2] Cf. KEPEL, Gilles, Terreur et Martyre. Relever le défi de civilisation. Flammarion, Paris, 2008.

[3] On trouvera une analyse complète de ce cas et une réfutation des justifications utilitaristes de la torture basées sur des abstractions dans notre : « Noble Ends », The War on Terror – Ethical Considerations, ch. 5, B. Horn et D. Lagacé-Roy, éditeurs, Presses de l’Académie canadienne de la Défense, Winnipeg, 2008, pp. 97-106.

[4] Emmanuel Kant, « Fondement de la métaphysique des mœurs », dans Œuvres philosophiques, tome 2, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, p. 250.

[5] Si l’on voulait absolument rattacher l’Énoncé d’éthique à une école de philosophie contemporaine, on pourrait peut-être le située dans le prolongement de l’herméneutique philosophique de Paul Ricoeur, notamment de Soi-même comme un autre. Dans cet ouvrage, le philosophe interprète magistralement le sens du mal infligé aux autres comme un mal que l’on s’inflige à soi-même et place ainsi la dignité humaine au cœur de son éthique. Mais le philosophe « adosse2 cet impératif catégorique (du respect de la dignité humaine) à la sagesse des anciens qui fait appel à la pratique quotidienne des vertus et à une certaine ascèse individuelle, marquée par les embûches, les fautes, le repentir et le devenir. Son éthique est donc à la fois une éthique du devoir de type kantien et une éthique des vertus inspirée par Aristote.

[6] Institut de leadership des Forces canadiennes, Le leadership dans les Forces canadiennes, Fondements conceptuels, 2005.

[7] PENNEY, K.G. « Une question de confiance : l’éthique et la discipline personnelle chez les généraux canadiens » dans La fonction de général et l’art de l’amirauté, ch. 9, édité par B. Horn et S.J. Harris, The Dundurn Group, Toronto, Oxford, 2002, p.163.

[8] L’exemple de la Somalie est mentionné, mais aussi celui d’officiers qui ont commis des abus dans d’autres circonstances.

[9] Constant soutenait que l’idée de « devoir » était inséparable de celle de « droit » et qu’il ne saurait y avoir de devoir là où il n’y a pas de droit : dire la vérité ne serait donc un devoir qu’envers ceux qui y ont droit. Ainsi, il n’y aurait pas de faute à mentir à ceux qui voudraient se servir de la vérité pour faire le mal.
[10] On pourrait ajouter, pour employer les termes de la psychologie contemporaine qu’il s’agit d’un leader « transformationnel » : il réussit à transformer de jeunes gens instruits qui auraient pu avoir un bel avenir en missiles humain.
[11] À ce sujet, je renvois le lecteur aux ouvrages de Michael Scheuer, notamment : Imperial Hubris. Why The West Is Losing The War On Terror, Washington, Brassey’s Inc., 2004. Marching Toward Hell. America and Islam after Iraq, Free Press, New York, 2008. Through Our Enemies’ Eyes. Osama bin Laden, Radical Islam, and the Future of America, revised edition, Washington, Potomac Books, 2006.

The Moral Implication of the Ultimate War




Abu Musab al Suri

International Society for Military Ethics
University of San Diego - 2009













Marc Imbeault, Ph.D.



Collège militaire royal de Saint-Jean
Royal Military College Saint-Jean

Division of Continuing Studies
Division des études permanentes


Translated from French by Marie-Claude Leblanc





“I wish by God that America will regret bitterly that they provoked me and others to combat her with pen and sword.[1]
Abu Musab al-Suri



1. Virtue, terror and salvation

This presentation aims at clarifying the concept of ultimate war in the context of counterterrorism and of contemporary « war on terrorism ». Jihadist thought requires special attention along the same lines. I would like to analyze jihadist strategy dating from the last few years, particularly the theses of Abu Musab al-Suri, who proposes a “Post 9/11” approach in his Call to Global Islamic Resistance, published on the Internet in 2005 and sometimes compared to Hitler’s Mein Kampf [2].
Al-Suri’s approach not only intersects many patterns of classic extreme left-wing revolutionary thought, but is also inspired by the extreme right. Total demonization of the enemy and the complete justification for his annihilation clearly demonstrate up to what point the movement confronting the Western world is serious. But there is more: the doctrine of al-Suri and that of other jihadists magnify the idea of the ultimate combat, a war which will decide forever the destiny of mankind, thus justifying the use of all means, even legal. The moral sense of this absolute and final sanctification of war is what I would like to cover in my paper.
I would like to start with a brief historical overview. When eighteenth century revolutionaries started implementing the “Great Terror” and the word “terrorist” first appeared in modern vocabulary, their intention was to establish the reign of virtue. In his famous 1794 speech entitled “On the Principles of Political Morality” Robespierre explains that without terror, virtue is powerless.[3] This type of reasoning gained widespread acceptance and its legacy can be traced in the writings of present-day jihadist ideologists.
Revolutionaries of all times strongly believe that their political projects have an unsurpassing moral legitimacy.
To this blend of the ethical and the political, contemporary revolutionaries add religion. It is interesting to note however that at the peak of his power, Robespierre had implemented to the Republic the cult of the Supreme Being. From that point on, the Revolution became not only a moral and political cause, but also a religious one. The comparison with contemporary revolutionaries must be qualified, since Robespierre’s attempt was to create a new cult, while Islamists build on a well established religion.
Therefore, our first conclusion is the following: the revolutionary movement that the Western world faces today in what we call “counter-terrorism” must be understood from three hermeneutical keys: virtue, terror and salvation.

2. A Call to Global Islamic Resistance

I would now like to take a closer look at some of the governing ideas of jihadist ideology as they are presented in the writings of some leading strategists, and more specifically al-Suri.
Let’s start with the notion of jihad.
Jihad is an element of the Muslim religion that literally means “struggle” or “effort”. There are several types of jihad. For example, it can refer to the purely spiritual effort of the believer seeking self-control, a form of yoga (the word is from W. Phares in War of Ideas) practiced by Muslims wanting to deepen their religious faith. But the most meaningful definition for Jihad today is “war among other nations[4]” for Allah and his glory. Based on this last definition, contemporary jihadists have developed an ideology justifying war against the Western world, accused of threatening their faith, their believers and territories. This explains why jihad is fundamentally an ideology justifying violence. It is important to stress that it is not a religion, even if it originates from religion and that guardians of this ideology sincerely think their acting in defense of Islam.
Incidentally, it is from the combining of the religious, political and ethical realms that the problem arises. Jihadists are sincerely convinced of the goodness of their action when they kill in the name of religion. The assumption is obvious for authors like Al Shaheed Sayyid Qutb[5], Muhammad al-Salam Faraj, Sheikh Abdullah Yusuf Azzam[6] or Abu Musad al-Suri, newcomer to the ranks of great jihadist ideologists, who stated after 9/11: “I would have advised selecting international flights so that the planes could have been loaded with weapons of mass destruction. Attacking America with such weapons is difficult… but it is a necessity.[7]
His particular case is worth taking a closer look at. Known as Abu Musad al-Suri, his real name is Mustafa bin Abd al-Qadir Setmariam Nasar. He was born in Alep, Syria, in 1958 and was involved in jihad on many levels: as a war fighter, historian, course developer and strategist. From this perspective, he can be compared to high-ranking officers of Western armies, since he is equally a man of action and a scholar. Woven in an out of his intellectual work is an acute sense of historical consciousness. He has the breadth of jihad’s history at the tip of his fingers and can accurately demonstrate its logic and development either through his writing or as an orator. He systematically sheds light on past mistakes suggesting concrete means not to repeat them, and we have to admit that this is one of his greatest strengths. Finally, his work bears the mark of an exceptional imagination, which makes it’s a dreadful, yet fascinating weapon.
Even though he is not a theologian, al-Suri often refers to the writings and teachings of the prophet Mohammed. The last thirty years of al-Suri’s action is entirely devoted to the final triumph of the Muslim religion. Yet, although al-Suri believes in the final victory, he concedes to his enemy a provisional advantage that stems from the mistakes made by the Mujahidin themselves and the collaboration of the regimes of certain Muslim countries.
Al-Suri’s 1600 pages treatise entitled Call to Global Islamic Resistance was published on the Internet in 2005, shortly before his arrest in Pakistan. In this work, he presents the history of jihad’s long-standing quest. The discussion I would like to open exclusively relates to the part of his work dealing with the last 10 years.
From al-Suri’s perspective, intensification of wars against Muslims all around the world is what characterizes the present-day situation. The 9/11 “terrorist” attacks were used as a reason for setting off the greatest manhunt in history. The worldwide operation almost succeeded at destroying the jihad’s leadership and virtually all its training camps and headquarters. Notwithstanding the fact that the only truly Islamic state, Afghanistan under Taliban rule, is now, according to him, occupied and under the control of the United States thanks to the established puppet state. In other words, victims of violence are not mainly Westerners but rather Muslims, which is why it is legitimate that they defend themselves when they have – rarely – the means to do so.
Indeed, al-Suri interprets the situation as being desperate. Moreover, he states that while there are more than a billion Muslims on earth, not more than a few thousand are willing to fight for their religion.
Having acknowledged this fact, al-Suri carries on with his reasoning laying emphasis on the fact that in spite of the enemy’s intensive attacks since 2001, the war is not definitely lost. As a jihad veteran, al-Suri suggests passing on to new generations of mujahidin a combat manual that could give them the means to reconstruct in such a way as to escape from the type of aggression lead by the coalition.
Here are in substance al-Suri’s propositions. First of all, according to al-Suri, jihadists made errors in three fields[8]:
1. Errors in curriculum and ideology;
2. Errors in structure and organization;
3. Errors in development methods and the way they were implemented.
The first type of error refers to dogmatism, a parochial approach and ignorance that damp down, paralyze and adversely affect the cause. This type of error also concerns culture of secrecy – even if sometimes necessary – sheds prejudice on communications and recruiting. To these two inconveniencies, are added the weakness of the exclusively military training that handicaps many mujahidin.
The second type of error essentially refers to the pyramidal structure of terrorist organization. In this configuration, the chain of command is perfectly clear, but there is an important weakness at the security level. When a member of the organization is arrested, the whole organization is destabilized. Al-Suri mentions, among other things, the use of torture and drugs by western intelligence services and their allies to obtain information and concludes that pyramidal-type structure cannot resist very long to the offensive lead by the West since 2001.
The third type of error refers to a series of work methods marked by amateurism, improvisation and demagogy.
But all along his explanations concerning the errors committed by the jihadist movement, al-Suri insists many times on issues related to ethics, which according to him has been the most important weakness of the movement in the past years:
“The many young men from the general and average classes of Muslims were charged with zeal, loyalty, and emotions, but they suffered from clear lack of religious knowledge and compliance as well as the rules of Islamic dealing and ethics. In addition, the cadres of jihad were suffering from lack of good knowledge in these areas. The lack of proper educational curricula led to severity and lack of mercy in the leaders of jihad”.[9]
Briefly said, it is useless to be overly zealous if incapable of discernment– and even pity when it is justified to do so. Al-Suri carries on:
“Likewise, the lack of good morals led jihadists to act in ganglike manner and not as proper jihadists. Also, most jihadists narrowed the Islamic religion to the concepts of jihad and forgot that there are other sides and aspects to Islam. They narrowed Islam to fighting, and fighting to just discharging firearms, forgetting the requirements of patience, preparation, and ethics”.[10]
al-Suri states that the lack of professionalism from which the jihadist movement suffers rests in the fact that 80% of its leaders have been either killed or arrested after the September 11 attacks, resulting, he concludes a little farther, in that the use of violence has become a matter of daily routine, an error he describes as follows :
“The appearance of the strictness during recent jihad incidents, with the adherence to violence and radicalism even in the most trivial matters.”[11]
Al-Suri questions the standard thinking by revolutionaries of all times which namely is that one must kill the enemy by all means, even legal. In this matter, he stands out from others, and from an ideological point of view, he rises above them – including Ben Laden, who is more of a calculator.

3. Opening new ways of ethical thinking?

Yet, one of the main errors identified by the author concerns the use of violence. Al-Suri insists on the importance of the moral element of mujahidin training. According to him, recourse to violence is necessary, but shouldn’t become an end in itself. His legitimating recourse to violence arises from the objective it serves - the ultimate victory of Islam in the World - which both transcends and justifies the means – violence.
Confronted with such a threat, the Western world has since 2001 reacted from a moral perspective in referring to Just War Theory. Not in the sense that the West would have fulfilled its imperatives, but rather in its attempt to justify its action by refereeing to it – most of the time implicitly.
Here are the essential elements of the Just War theory as summarized by the Canadian scholar Fen Olser Hampson:
1. Wars must [be] undertaken for a just cause in which the overriding principle is one of self-defence. A just cause therefore involves action taken in response to a physical injury (including loss of territory), an aggression against national honour, or an aggression against a neighbour.
2. Wars may be only undertaken as a form of last resort when all other means to seek redress have been exhausted.
3. Wars can only be waged by a legitimate authority, which is defined as residing in the sovereign power of the state.
4. Wars must only be undertaken following a formal declaration of war.
5. There must also be a reasonable chance or hope of success in resorting to the use of force to achieve one’s objectives. Deaths and injuries incurred in a hopeless cause are not morally justifiable.
6. The goal of war is re-establish peace and a peace that is, on balance, better than the peace (or situation), which would have prevailed, had the war not been fought.[12]
The terms of this theory cannot be applied to the threat that represents al-Suri’s strategy since it implies the relativity of the conflict between the two belligerent. Such being the case, here at least one of the two enemies considers its opponent as an absolute threat he needs not only to bring under military control on a one-time basis to gain a precise advantage, but the defeat must result in his annihilation.
The interference of religious motives in the political and ethical realms introduces the possibility of an absolute enemy. There is no politics without an enemy, but politics can recognize the enemy’s right to exist. This is not the case in wars of religion, where the enemy embodies an evil with whom any comprise is unacceptable[13].
A first conclusion seems to me that the comparison between Call to Global Islamic Resistance and Mein Kampf is – partially – awkward. It is true that there are numerous resemblances, but many of them are superficial. To the contrary, there are some fundamental discrepancies:
· The higher intellectual level of Call to Global Islamic Resistance gives al-Suri greater precision and a better assessment of the movement’s real situation and by that allowing the book to longer and deeper influence its strategy and tactics.
· The sincere religious fervor that inspired al-Suri deeply roots his undertaking in a tradition that is far more established than the chimeras that obsessed Hitler.
· The correct assessment on the importance of education, professionalism and ethics in military training make al-Suri’s text an even more dangerous weapon than Mein Kampf.
In the context of ultimate war, al-Suri’s strategy - based essentially on ethics and professionalism - seems to me, represents the greatest jihadist ideological threat. The fact that its author is presently held in an unknown location without him being able to communicate with the external world does not change anything to the reality of the threat. His work is independent from his person and it is now up to the West to take the initiative once again on the grounds that the jihad strategist has so well identified: professional military ethics.
Saint-Jean-sur-Richelieu
January 2009
Bibliography
FREUND, Julien, L’essence du politique, Sirey, Paris, 1965.
HAMPSON, Fen Olser, “The Role of Ethics in the War Against Terrorism”, The 4th Canadian Conference on Ethical Leadership, Royal Military College of Canada, Kingston, 7-9 November 2001, p.4.
HITLER, Adolf, Mein Kampf, http://www.hitler.org/writings/Mein_Kampf/
IMBEAULT, Marc, MONTIFROY, Gérard, Géopolitique & Idéologies, Frison-Roche, Paris, 1996.
IMBEAULT, Marc, MONTIFROY, Gérard, Géopolitique & Pouvoirs, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2003.
IMBEAULT, Marc, TROTTIER, Yves, Limites de la violence. Lecture d’Albert Camus, Presses de l’Université Laval, Sainte-Foy, 2006.
LACEY, Jim, editor, A Terrorist’s Call to Global Jihad. Deciphering Abu Musad al-Suri’s Islamic Jihad Manifesto, Naval Institute Press, Annapolis, 2008.
LACEY, Jim, editor, The Canons of Jihad. Terrorists’ Strategy for Defeating America, Naval Institute Press, Annapolis, 2008.
LIA, Brynjar, Architect of Global Jihad. The Life of al-Quaida Strategist Abu Mus‛ad al-Suri, Columbia University Press, New York, 2008.
MEM RI, Dossiers spéciaux No. 22, 17 novembre 2003, p.1. http://www.memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=sr&ID=SR2203
PHARES, Walid, Future Jihad. Terrorism Strategies Against the West, New York, Palmgrave Macmillan, 2005.
_____, The War of Ideas. Jihad Against Democracy. New York, Palmgrave Macmillan, 2007.
ROBESPIERRE, Maximilien, On the Principles of Political Morality”, http://www.fordham.edu/halsall/mod/1794robespierre.html.
STOUT, Mark E., HUCKABEY, Jessica M., SCHINDLER, John R., LACEY, Jim, The Terrorist Perspectives Project. Strategic and Operational Views of Al Qaida and Associated Movements, Naval Institute Press, Annapolis, 2008.



[1] “Communiqué from the Office of Abu Musad al Suri”, November 2004, in Lia Brynjar, Architect of Jihad. The Life of al-Quaida Strategist Abu Mus‛ad al-Suri, Columbia University Press, New York, 2008, p. 322.
[2] “Decades ago the world ignored Adolf Hitler’s Mein Kampf and Vladimir Lenin’s What Is to Be Done, with tragic consequences. Today, the jihadists have presented the world with a work of similar importance, which we ignore at our own peril.” Jim Lacey, A Terrorist’s Call to Global Jihad. Deciphering Abu Musad al-Suri’s Islamic Jihad Manifesto, Preface, Naval Institute Press, Annapolis, 2008, p. vi.
[3] « If virtue be the spring of a popular government in times of peace, the spring of that government during a revolution is virtue combined with terror: virtue, without which terror is destructive; terror, without which virtue is impotent. Terror is only justice prompt, severe and inflexible; it is then an emanation of virtue; it is less a distinct principle than a natural consequence of the general principle of democracy, applied to the most pressing wants of the country. » http://www.fordham.edu/halsall/mod/1794robespierre.html. The complete title in french is: Sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l’administration intérieure de la République.
[4] MEM RI, Dossiers spéciaux No. 22, 17 novembre 2003, p.1. http://www.memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=sr&ID=SR2203
[5] “As we have described earlier, there are many practical obstacles in establishing God’s rule on earth, such as the power of the state, the social system, and traditions and, in general, the whole human environment. Islam uses forces only to remove these obstacles so that there may not remain any wall between Islam and individual human beings.” Al Shaheed Sayyid Qutb, “Milestones”, The Canons of Jihad. Terrorists’ Strategy for Defeating America, Edited by Jim Lacey, Naval Institute Press, Annapolis, 2008, p. 24.
[6] “There is agreement among scholars that when the enemy enters an Islamic land or a land that was once part of the Islamic land, it is obligatory on the inhabitants of that place to go forth to face the enemy. But if they sit back, or are incapable, lazy, or insufficient in number, the individual obligation spreads to those around them. Then if they also fall short or sit back, it goes to those around them, and so on and so on, until the individually obligatory nature of jihad encompasses the whole world.” Sheikh Abdullah Yusuf Azzam, “Join the Caravan”, The Canons of Jihad, p. 126
[7] A Terrorist’s Call to Global Jihad, p. viii.
[8] A Terrorist’s Call to Global Jihad, p. 162
[9] A Terrorist’s Call to Global Jihad, p. 164.
[10] A Terrorist’s Call to Global Jihad, p. 164
[11] A Terrorist’s Call to Global Jihad, p. 170
[12] “The Role of Ethics in the War Against Terrorism”, The 4th Canadian Conference on Ethical Leadership, Royal Military College of Canada, Kingston, 7-9 November 2001, p.4. (Emphasis added.)
[13] On that point, I disagree with the view that the resolution of the conflict lies in the West consenting to requests set forth by Usama Bin Laden. It is undeniable that such a peacemaking effort would result in nothing else than fostering the idea that terrorism can be used as negotiating power.

Archives du blogue