2 août 2014

Anéanir les patois !

PhiGéo

La Révolution française a joué un rôle primordial dans l'uniformisation de la langue française. L'une des priorité des révolutionnaire sera en conséquence d'anéantir les patois, langues de la royauté et donc de l'obscurantisme :

"L'abbé Grégoire publie ainsi, le 16 prairial an II, son célèbre rapport sur "la nécessité et les moyens d'anéantir les patois" - "anéantir"! -, où il note avec effarement que le français n'est parlé que dans une quinzaine de départements (sur 83). Le terme "patois" est conforme aux préjugés des élites de l'époque, fussent-elles les plus éclairées. "

Les patois existent cependant encore aujourd'hui malgré les efforts successifs de l'empire (Napoléon, dont le nom est lui-même franciser) et des Républiques imposer le français, véhicule de l'universalisme. Il y a cependant une plus grande tolérance pour les dialectes régionaux qui peuvent même être enseignés à l'école:

"Depuis une cinquantaine d'années, pourtant, les gouvernements ont changé de discours et même de pratique à leur égard. Ici ou là, on peut les apprendre à l'école. Très symboliquement, la délégation générale à la langue française s'occupe aussi "des langues de France". Mais aucun ministre n'a osé prendre les seules mesures qui modifieraient radicalement leur situation : leur utilisation massive dans l'enseignement, les entreprises et les administrations. Pendant des siècles, l'Etat français a planifié leur disparition. Aujourd'hui, il les laisse simplement mourir... 
Pour se justifier, les tenants du jacobinisme culturel évoquent le spectre de la Belgique, "minée" par sa querelle entre Flamands et Wallons, et de l'Espagne, "menacée" par les identités basque et catalane. L'argument est sérieux. Mais, curieusement, les mêmes oublient volontiers la Suisse qui, comme des dizaines de pays, vit paisiblement avec plusieurs langues officielles. Quand ils ne se contredisent pas en exigeant, pour les francophones du Québec, des mesures que Paris refuse sur son sol pour ses propres langues minoritaires."

LA GRANDE AVENTURE DU FRANÇAIS : Comment le dialecte des rois est devenu le français - L'Express

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