6 janvier 2012

Leaner military, weaker military? Obama must tread tricky line.

PhiGéo

Le Christian Science Monitor décrit les grandes lignes de la nouvelle approche budgétaire du gouvernement américain en matière de défense en soulignant le difficile équilibre entre la réduction des dépenses et le maintient de la sécurité sur tous les fronts. La question que se posait au gouvernement américain était de savoir ou couper et comment ?
Or, l'Amérique a plusieurs "rivaux" qu'en d'autres temps on aurait sans doute désignés comme des "ennemis". Elle a aussi des alliés plus ou moins sûrs. L'Amérique doit aussi tenir compte des groupes terroristes qui peuvent encore s'en prendre à elle partout dans le monde. Il faut, enfin, qu'elle tienne compte de l'affaiblissement de sa puissance de plus en plus visible et qui pourrait motiver à elle seule des attaques.

Secrétaire à la Défense des États-Unis
L. Panetta / Image Reuter
Le président américain annonce une force plus petite en taille et en poids (smaller and leaner). Les soldats américians seront moins nombreux  mais mieux formés et mieux équipés du point de vue technologique. Ils devraient aussi être plus concentrés vers le Pacifique : zone particulièrement dangeureuse selon les experts du Pentagone. Ce qui devrait entraîner moins de coupûres dans les forces navales et aériennes.

Mais, au-delà, de ces considérations factuelles nécessaires, il convient de jeter un regard plus global sur la situation de la puissance américaine dans le monde.

C'est là que nous trouvons un paradoxe. Si la force militaire de l'Amérique demeure incommensurable et si son influence culurelle et linguistique continue de s'accroître de manière fulgurante partout dans le monde, sa puissance, elle, semble irrémédiablement décliner. L'Amérique règne partout mais son coeur est malade. Elle ressemble à un homme qui aurait eu beaucoup d'influence et de pouvoir dans le passé, qui possèderait encore beaucoup d'armements dans sa maison pour se protéger mais dont le coeur serait malade et qui pourrait mourir d'un moment à l'autre d'une crise cardiaque. L'Amérique est un géant musclé au coeur malade.

Tous ne sont pas d'accord sur le constat et il y a matière à discussion. Mais, pour citer un exemple, la montée de la puissance de la Chine par rapport aux États-Unis est mesurable en termes économiques et militaires. Par contre, d'autres éléments peuvent aussi être pris en considérations. L'empire romain avait imposé sa culture et sa langue, bénéficiait des meilleurs infrastructures possibles et d'une grande armée lorsqu'il s'est finalement écroulé sous la pression de ses nombreux ennemis. C'est ce qui pourrait arriver également aux États-Unis : elle a trop d'ennemis. Au fil du temps, des guerres et des opérations de police qu'elle a menée sa réputation s'est effilochée. Elle est de plus en plus perçue comme une puissance agressive, intransigeante et cruelle ne reculant devant l'usage d'aucun moyen pour imposer sa volonté.

C'est pourquoi l'Amérique se barricade. Ses frontières sont probablement devenues les plus désagréables à franchir du monde. L'appareil de sécurité américain à l'intérieur et à l'extérieur est colossal. Il pèse lourd. Non seulement du point de vue économique, mais aussi du point de vue de la psychologie collective. Les Américains sont devenus un peuple assiégés, du moins se comportent-ils et donnent-ils de plus en plus l'image de l'être.

Peut-être que cela n'est pas le signe d'un déclin mais la marque de la puissance ! L'avenir nous le dira.

En plus de l'article on trouvera une vidéo sur le lien suivant :
Leaner military, weaker military? Obama must tread tricky line. (VIDEO) - CSMonitor.com:

Aucun commentaire:

Archives du blogue